Stabilité relative sous vigilance. Réuni le 3 avril 2026, le Conseil des ministres a examiné l’évolution récente du marché des changes et des prix, sur base d’un rapport du Gouverneur de la Banque centrale du Congo. Inflation contenue, dépréciation modérée du franc congolais, mais risques externes en hausse : la conjoncture reste globalement maîtrisée, tout en appelant à des mesures de consolidation. Face à la flambée des prix pétroliers et aux tensions géopolitiques internationales, les autorités monétaires recommandent notamment de renforcer l’usage du franc congolais et de mieux encadrer les coûts logistiques.
La conjoncture économique de la République démocratique du Congo demeure globalement stable, malgré des signaux de pression liés à l’environnement international. C’est le principal enseignement du rapport présenté par le Gouverneur de la Banque centrale du Congo lors de la quatre-vingt-cinquième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 3 avril 2026 à Kinshasa, sous la présidence de la Première ministre.
Invité à éclairer les membres du gouvernement sur l’évolution récente du marché des changes ainsi que des biens et services, le Gouverneur André Wameso a dressé un état des lieux nuancé. « La conjoncture économique demeure globalement stable, soutenue par une inflation maîtrisée et une dépréciation modérée de la monnaie nationale », a-t-il indiqué.
Les dernières données confirment cette tendance. Au cours de la quatrième semaine de mars 2026, le taux d’inflation hebdomadaire s’est établi à 0,20 %, contre 0,19 % la semaine précédente. Sur une base mensuelle, l’inflation a atteint 0,71 % en mars, contre 0,59 % en février, traduisant une légère accélération, sans toutefois remettre en cause l’équilibre global des prix.
Sur le marché des changes, le franc congolais a enregistré une dépréciation contenue. Le taux de change s’est fixé à 2.284,36 CDF pour un dollar américain au taux indicatif, et à 2.303,75 CDF sur le marché parallèle. Par rapport à la semaine précédente, la monnaie nationale s’est dépréciée de 0,38 % à l’indicatif et de 0,07 % sur le marché parallèle.
Ces évolutions interviennent dans un contexte international marqué par des tensions accrues sur les marchés des matières premières. Le Gouverneur a relevé que « les cours mondiaux des principaux produits de base intéressant l’économie congolaise se sont globalement bien comportés », tout en mettant en garde contre plusieurs facteurs de risque.
Parmi ceux-ci figurent la contraction de la production pétrolière dans les pays du Golfe, entraînant une hausse des prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril, ainsi que l’augmentation des coûts du transport maritime. À cela s’ajoute le risque d’attaques contre des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, susceptible de perturber davantage les chaînes d’approvisionnement.
Face à ces incertitudes, la Banque centrale du Congo appelle à une vigilance accrue et à des mesures d’anticipation. Le Gouverneur a notamment recommandé « la perception des impôts, taxes et redevances en monnaie nationale uniquement », dans le but de soutenir la demande du franc congolais et de renforcer sa stabilité.
Il a également préconisé le renforcement du dispositif de suivi des prix des produits pétroliers ainsi que des coûts logistiques, afin de mieux contenir les effets des fluctuations internationales sur le marché intérieur. La diversification des sources d’approvisionnement énergétique figure également parmi les axes stratégiques avancés pour réduire la dépendance du pays aux chocs externes.
Ces recommandations s’inscrivent dans une approche prudente de gestion macroéconomique, visant à préserver les équilibres internes tout en anticipant les turbulences extérieures. Le Conseil des ministres a pris acte de ce rapport, sans adopter de mesures immédiates, mais en marquant son attention sur l’évolution des indicateurs économiques.
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