Le gouvernement serre la vis dans le secteur de l’emploi. Réuni le 3 avril 2026, le Conseil des ministres a examiné un rapport révélant de graves irrégularités dans les services privés de placement, dont plus de 400 opèrent en dehors du cadre légal. Face à ces dérives, un moratoire de 30 jours a été proposé avant des mesures de fermeture. En parallèle, l’exécutif met en avant des avancées dans le développement des compétences, avec plusieurs centres de formation de l’INPP achevés. Une double approche visant à assainir le marché du travail et renforcer l’employabilité.
Le secteur de l’emploi en République démocratique du Congo fait l’objet d’un resserrement du contrôle public, sur fond de préoccupations liées au climat social et à la régulation du marché du travail. Lors de la quatre-vingt-cinquième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le vendredi 3 avril 2026 à Kinshasa, le ministre de l’Emploi et Travail a présenté une note d’information mettant en lumière des dysfonctionnements majeurs dans le fonctionnement des services privés de placement.
Cette intervention s’inscrit dans le cadre de l’exécution d’une instruction du Président de la République, formulée lors de la 58ᵉ réunion du Conseil des ministres, visant à renforcer le contrôle dans ce secteur. À l’issue de cette mission, un total de 625 Services Privés de Placement (SPP) ont été répertoriés à travers le pays.
Le diagnostic dressé par le ministère est sans équivoque : seuls 223 de ces services sont en conformité avec la législation en vigueur, tandis que 402 opèrent dans l’irrégularité. Plusieurs manquements ont été relevés, notamment « le manque d’agrément par le Ministère de l’Emploi et Travail, l’absence de contrats de travail, l’absence d’une prise en charge médicale, la non-application du SMIG et le non-reversement des cotisations sociales et de l’Impôt sur les Personnes Physiques ».
Ces irrégularités, aux conséquences directes sur les conditions de travail et les droits des employés, ont conduit le ministre à proposer une série de mesures correctives. Parmi celles-ci figure l’instauration d’un moratoire de 30 jours, destiné à permettre un transfert encadré des contrats de travail vers des structures conformes à la législation.
« Ce moratoire vise à garantir la continuité de l’emploi et la prise en charge des employés concernés », a précisé le ministre, soulignant la volonté du gouvernement de protéger les travailleurs tout en assainissant le secteur.
À l’issue de cette période transitoire, les services persistants dans l’illégalité seront purement et simplement fermés. Une mesure qui concerne potentiellement les 402 structures identifiées comme non conformes. Cette décision marque une étape importante dans la régulation du marché du travail, où les pratiques informelles demeurent encore largement répandues.
Parallèlement à cette démarche de contrôle, le gouvernement met en avant des avancées significatives dans le développement des compétences professionnelles. Le ministre de l’Emploi et Travail a ainsi annoncé l’achèvement des travaux de construction de plusieurs centres de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), notamment à Maluku, Kolwezi et Kisangani.
Ces infrastructures sont désormais prêtes à être inaugurées et devraient contribuer à renforcer l’offre de formation technique à travers le pays. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à améliorer l’employabilité des jeunes et à répondre aux besoins du marché du travail.
S’agissant du centre de l’INPP de Kalemie, le ministre a indiqué que les étapes préparatoires ont été franchies. « Un terrain a été déjà acquis sur fonds propres de l’INPP, avec la facilitation des autorités provinciales du Tanganyika », a-t-il précisé. Les études de faisabilité sont achevées, mais le financement du projet reste à mobiliser.
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