Nouvelle alerte sécuritaire dans le Lualaba. À Kisanfu, dans le territoire de Mutshatsha, une attaque de coupeurs de route a visé un véhicule transportant des ressortissants chinois, emportant d’importantes sommes d’argent et du matériel d’exploitation minière. Cinq personnes ont été brièvement prises en otage avant d’être relâchées. Cette attaque, survenue sur un axe stratégique d’approvisionnement en minerais, relance les inquiétudes sur la recrudescence de l’insécurité dans la région. La société civile appelle à une riposte urgente et structurée des autorités pour sécuriser les corridors économiques.
La situation sécuritaire demeure préoccupante dans certaines zones minières de la province du Lualaba. Le village de Kisanfu, situé dans le territoire de Mutshatsha, a été le théâtre d’une nouvelle attaque de coupeurs de route, visant un véhicule transportant des ressortissants chinois engagés dans des activités d’achat de minerais.
Selon des informations relayées mardi 7 avril par la société civile Eben Ezer, les faits se sont produits sur l’axe Kisanfu-Kisankala, un corridor fréquemment emprunté par des opérateurs du secteur minier. Le véhicule a été intercepté par des individus armés qui ont procédé à un braquage en règle.
Les assaillants ont emporté un butin conséquent, estimé à 60 500 000 francs congolais, 3 000 dollars américains ainsi qu’un appareil Metorex, un équipement couramment utilisé dans l’évaluation de la teneur des minerais. Outre ces pertes financières importantes, cinq personnes, dont trois Congolais et deux ressortissants chinois, ont été prises en otage.
Ces dernières ont toutefois été relâchées quelques heures après l’attaque, dans des circonstances qui n’ont pas encore été totalement élucidées. Aucun bilan officiel n’a fait état de pertes en vies humaines, mais l’incident souligne la vulnérabilité persistante des axes de circulation dans cette zone à forte activité économique.
Alertées, les forces de sécurité, notamment des éléments de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la police militaire et de la Police nationale congolaise (PNC), se sont rapidement déployées sur les lieux. Les premières investigations ont permis de localiser une cachette présumée des assaillants, dissimulée dans un buisson à proximité.
Sur place, les agents ont découvert des mallettes vides ainsi que divers documents, laissant penser que le butin y avait été temporairement entreposé avant d’être déplacé. Les recherches se poursuivent pour tenter d’identifier et d’appréhender les auteurs de cette attaque.
Fait aggravant, ce n’est pas la première fois que ce même véhicule est pris pour cible. Selon la société civile, il avait déjà été attaqué sur ce tronçon quelques jours auparavant, le samedi 4 avril. Cette répétition des actes criminels met en évidence l’existence d’un réseau structuré opérant dans la zone.
Face à cette recrudescence de l’insécurité, la société civile Eben Ezer tire la sonnette d’alarme. Elle appelle les autorités à renforcer les dispositifs de sécurité et à mettre en place une stratégie efficace pour démanteler les groupes criminels actifs sur ces axes miniers.
« Il devient urgent de sécuriser ces routes, car elles sont vitales pour l’économie locale et nationale », insiste-t-elle, soulignant que la persistance de telles attaques risque d’affecter durablement les activités minières et de décourager les investisseurs.
Infos27

