Une route coupée, des échanges paralysés et une économie locale sous pression. Au Kasaï-Central, la société civile de Demba tire la sonnette d’alarme après l’inondation du pont en construction sur la rivière Katusenga, axe vital de la route nationale n°41. La rupture du passage perturbe fortement la circulation des biens et des personnes, accentuant les difficultés d’approvisionnement et les risques pour les usagers. Face à cette situation, la Nouvelle Société Civile Congolaise appelle à une intervention urgente des autorités et de l’entreprise en charge pour rétablir la mobilité et éviter une asphyxie économique durable.
Au Kasaï-Central, la dégradation des infrastructures routières continue de peser lourdement sur la vie quotidienne des populations. Dans le territoire de Demba, la coordination de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) a lancé un appel pressant en faveur de la relance des travaux de la route nationale n°41, après l’inondation du pont en construction sur la rivière Katusenga, consécutive aux récentes pluies.
Situé sur un axe stratégique reliant plusieurs localités agricoles, ce pont devait faciliter la circulation entre le village de Tshibala 2 et Bena Kayembe, à une vingtaine de kilomètres du centre de Demba. Mais les crues ont submergé l’ouvrage en chantier, emportant également la passerelle provisoire installée pour assurer la continuité du trafic.
Depuis, la circulation est fortement perturbée. Les véhicules ne peuvent plus traverser, tandis que les motos et les vélos tentent de franchir la rivière dans des conditions précaires, au péril de la sécurité des usagers. « La situation est devenue très difficile. Même pour passer avec une moto, il faut débourser jusqu’à 5 000 francs congolais », rapportent des habitants confrontés à cette réalité quotidienne.
Au-delà des contraintes de mobilité, c’est toute l’économie locale qui se trouve fragilisée. L’axe concerné constitue un corridor essentiel pour l’acheminement des produits agricoles vers les centres de consommation. Son interruption entraîne un ralentissement des échanges, une hausse des coûts de transport et, par ricochet, une augmentation des prix sur les marchés locaux.
Face à cette situation, la NSCC de Demba appelle à une réaction rapide et coordonnée. « Nous demandons à l’entreprise en charge des travaux de prendre des mesures immédiates pour rétablir un passage sécurisé », a insisté la coordination locale, tout en exhortant les autorités provinciales et nationales à renforcer le suivi du chantier.
Pour la société civile, l’enjeu dépasse la simple réparation d’un ouvrage. Il s’agit de préserver la dynamique économique d’une région dont la survie dépend en grande partie de l’accessibilité des infrastructures routières. Un blocage prolongé, prévient-elle, pourrait entraîner une véritable paralysie socio-économique.
Dans un contexte où les besoins en infrastructures restent criants à travers le pays, cet épisode illustre une fois de plus la vulnérabilité des réseaux routiers face aux aléas climatiques et le défi que représente l’entretien durable des ouvrages en construction.
En attendant une intervention concrète, les populations de Demba continuent de s’adapter, tant bien que mal, à une situation qui complique chaque jour un peu plus leurs conditions de vie et d’activité.
Stony Mulumba, correspondant à Kananga

