Député national élu de la Lukunga, à Kinshasa, et membre du Réseau des Jeunes Parlementaires de la RDC (R.J.P), Kasanda Katuala Olivier s’impose progressivement comme l’une des voix les plus audibles sur la question sensible de la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Initiateur d’une proposition visant à ouvrir la voie à la double nationalité, tout en en limitant l’accès aux fonctions de souveraineté, il défend une approche qu’il qualifie de « pragmatique et patriotique ». Entre impératifs de sécurité nationale, mobilisation de la diaspora et attractivité économique, l’élu plaide pour une adaptation du cadre juridique aux réalités contemporaines. Dans un contexte marqué par des débats passionnés sur la loyauté, l’identité et la souveraineté, il appelle à dépasser les clivages pour repenser le lien entre l’État et ses citoyens. Dans cet entretien exclusif accordé à Infos27, il détaille les contours et les enjeux de cette réforme.
Infos27 : Dans le droit international de la nationalité, la question de l’exclusivité ou du cumul est souvent traitée comme un équilibre délicat entre souveraineté étatique et réalités migratoires contemporaines. Selon vous, l’exclusivité de la nationalité congolaise doit-elle être maintenue pour l’ensemble des citoyens ?
Honorable Kasanda Katuala Olivier : Non, pas pour tous les citoyens. Je propose une approche nuancée et juridiquement rigoureuse : réserver l’exclusivité de la nationalité congolaise uniquement aux fonctions publiques de souveraineté ou de haute sensibilité sécuritaire (à déterminer par la loi).
Cette limitation est une exigence classique du droit constitutionnel comparé. Ces charges exigent une loyauté exclusive et une indépendance décisionnelle absolue, afin de préserver l’intégrité de la souveraineté nationale et d’écarter tout risque d’influence extérieure. Il s’agit d’une question de sécurité de l’État, non d’émotion.
Le modèle que je défends est celui adopté par la grande majorité des États africains (près de 49 sur 54) ainsi que par la plupart des démocraties modernes : binationalité ouverte pour le citoyen ordinaire, et exclusivité stricte pour les postes régaliens. Cette architecture bipartite n’a jamais fragilisé la stabilité de ces nations ; elle l’a au contraire renforcée en optimisa

