À Goma, le nouveau chef de la mission onusienne a posé des conditions strictes pour rendre l’intervention internationale réellement efficace dans l’Est de la RDC. Cessez-le-feu respecté, arrêt des drones offensifs, fin du brouillage GPS et liberté totale de mouvement : autant d’exigences jugées indispensables pour relancer la stabilisation. Dans un contexte sécuritaire toujours fragile, la MONUSCO insiste sur la responsabilité des parties en conflit, condition essentielle pour transformer les engagements en réalités sur le terrain.
À peine arrivé à Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo, le nouveau chef de la MONUSCO, James Swan, a tracé les lignes directrices d’une mission qu’il entend recentrer sur la stabilisation effective des zones en proie aux violences armées.
Dans un contexte marqué par la persistance des tensions et l’activisme des groupes armés, la mission onusienne a posé une série de conditions qu’elle qualifie d’« indispensables » pour garantir l’efficacité de son action. Au premier rang de ces exigences figure le respect strict du cessez-le-feu, présenté comme le socle de toute avancée vers la désescalade.
« Le cessez-le-feu doit être respecté et accompagné de mesures concrètes permettant le fonctionnement effectif du mécanisme conjoint élargi de vérification », a indiqué la mission, insistant sur la nécessité de passer des engagements formels à leur mise en œuvre sur le terrain.
Parmi les mesures évoquées, la cessation immédiate de l’usage des drones offensifs occupe une place centrale. Selon la MONUSCO, ces équipements constituent un facteur d’escalade dans les zones de conflit, en accentuant les risques d’affrontements et en compliquant les efforts de stabilisation.
Autre point de préoccupation : les interférences technologiques observées dans les zones d’opérations. La mission onusienne a dénoncé le brouillage et l’usurpation des signaux GPS, des pratiques qui « compromettent sérieusement les opérations sur le terrain et mettent en danger les équipes déployées ». Ces perturbations, souligne-t-elle, affectent directement la crédibilité et l’efficacité du dispositif de surveillance du cessez-le-feu.
La question de la mobilité du personnel constitue également une priorité. La MONUSCO exige une liberté totale de mouvement pour ses équipes et ses équipements, sans restriction imposée par les différentes parties en conflit. Cette liberté est jugée essentielle pour assurer une présence active dans les zones sensibles et renforcer la capacité dissuasive de la mission.
Dans le même esprit, l’organisation insiste sur la nécessité de garantir un accès sécurisé aux infrastructures stratégiques, notamment les aéroports et l’espace aérien. Ces éléments sont considérés comme indispensables pour assurer le déploiement logistique, les évacuations d’urgence et le suivi opérationnel des missions sur le terrain.
Au-delà des aspects techniques, James Swan a mis en avant un facteur déterminant : la coopération de l’ensemble des acteurs impliqués, y compris les forces de défense et de sécurité. « Sans cet engagement collectif, la mise en œuvre du cessez-le-feu risque de rester théorique », a-t-il averti.
Cette première visite à Goma intervient dans un contexte particulièrement sensible, près d’un an après l’occupation de Goma et de Bukavu par les rebelles du M23, un épisode qui a profondément marqué l’équilibre sécuritaire dans la région.
À travers cette démarche, la MONUSCO entend relancer une dynamique de désescalade et contribuer à la restauration d’un climat de confiance. L’objectif affiché est de redonner espoir aux populations locales, premières victimes d’une insécurité persistante.
Toutefois, la mission onusienne le souligne avec insistance : la réussite de son mandat ne dépendra pas uniquement de sa présence sur le terrain, mais avant tout du respect, par les acteurs armés, des règles minimales garantissant un environnement opérationnel sûr et crédible.
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