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29 mai, 2026 - 15:51:54
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Ebola Bundibugyo : l’OMS identifie trois traitements prioritaires et deux vaccins candidats

Face à la progression de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé accélère la recherche de contre-mesures médicales adaptées à une souche pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe à ce jour. Réunis en urgence, plusieurs groupes d’experts internationaux ont retenu trois traitements prioritaires et deux vaccins candidats pour de futurs essais cliniques. L’OMS recommande toutefois que tous ces produits soient utilisés exclusivement dans un cadre de recherche afin de produire des données scientifiques fiables, tandis que les autorités sanitaires poursuivent les interventions classiques de riposte sur le terrain.

Alors que l’épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo continue de mobiliser les autorités sanitaires en République démocratique du Congo et en Ouganda, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié les recommandations de ses groupes d’experts concernant les traitements et vaccins susceptibles d’être évalués dans le cadre d’essais cliniques.

Cette démarche vise à accélérer l’identification de solutions médicales contre une souche du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible.

Selon les données présentées par l’OMS, la RDC enregistrait à la date de l’évaluation 121 cas confirmés et 17 décès confirmés. Plus de 1.077 cas suspects et 238 décès suspects avaient également été recensés dans trois provinces et treize zones de santé concernées par la surveillance épidémiologique.

Trois traitements jugés prioritaires

Pour la prise en charge des cas confirmés, les experts réunis par l’OMS ont recommandé de concentrer les recherches sur trois candidats thérapeutiques considérés comme les plus prometteurs.

Il s’agit des anticorps monoclonaux MBP134 et Maftivimab®, ainsi que de l’antiviral remdesivir, déjà utilisé dans d’autres contextes infectieux.

Les spécialistes préconisent également l’évaluation d’une combinaison associant un anticorps monoclonal et le remdesivir afin de déterminer si cette approche permet d’améliorer les résultats thérapeutiques chez les patients infectés.

« Les experts recommandent que tous les produits retenus soient utilisés exclusivement dans le cadre d’essais cliniques », a précisé l’OMS, soulignant la nécessité de garantir une recherche « sûre, éthique et efficace ».

Un antiviral envisagé pour les personnes exposées

Concernant la prévention après exposition au virus, les experts ont identifié l’antiviral oral obeldesivir comme candidat prioritaire.

Ce médicament pourrait être administré aux personnes ayant été en contact avec des cas confirmés ou probables afin de réduire le risque de développer la maladie.

Toutefois, cette stratégie dépend largement de la capacité des équipes sanitaires à identifier et suivre rapidement les contacts des personnes infectées.

Dans plusieurs zones affectées de la RDC, les difficultés d’accès, les mouvements de populations et les défis sécuritaires compliquent encore ce travail de traçage, considéré comme l’un des piliers de la riposte contre Ebola.

Deux vaccins candidats à l’étude

Sur le volet vaccinal, les experts ont estimé que le candidat le plus prometteur reste le vaccin à dose unique rVSV Bundibugyo développé par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida (IAVI).

Son entrée dans un programme d’essais cliniques pourrait cependant nécessiter encore entre sept et neuf mois de préparation.

Un second candidat, le vaccin ChAdOx1 Bundibugyo développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le Serum Institute of India, pourrait quant à lui être prêt pour une évaluation clinique dans un délai de deux à trois mois, sous réserve de données complémentaires issues d’études animales.

Prudence autour des vaccins existants

Les experts se sont également penchés sur le vaccin Ervebo, actuellement le seul vaccin homologué contre Ebola.

L’OMS a toutefois rappelé que ce produit a été développé contre la souche Zaïre du virus Ebola et non contre la souche Bundibugyo. Les données scientifiques disponibles sur une éventuelle protection croisée demeurent, selon l’organisation, « limitées et non concluantes ».

Pour cette raison, l’utilisation d’Ervebo contre Ebola Bundibugyo n’est pas recommandée en dehors d’un protocole de recherche strictement encadré.

Par ailleurs, Africa CDC a indiqué avoir reçu une communication des autorités russes faisant état d’un vaccin développé par l’Institut Gamaleya. Ce candidat cible également la souche Zaïre du virus Ebola et aucune donnée scientifique publique permettant d’évaluer son efficacité contre la souche Bundibugyo n’a encore été publiée.

Maintenir les mesures classiques de riposte

En attendant les résultats des essais cliniques, l’OMS insiste sur la poursuite des stratégies éprouvées de lutte contre Ebola. L’organisation recommande notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, la détection rapide des cas, la recherche active des contacts, l’isolement des malades, l’engagement communautaire ainsi que l’organisation d’inhumations sûres et dignes.

Pour les experts, ces mesures demeurent aujourd’hui les outils les plus efficaces pour freiner la propagation du virus et protéger les populations exposées, en attendant la validation de nouveaux traitements et vaccins adaptés à la souche Bundibugyo.

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