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Kinshasa
3 juin, 2026 - 00:55:58
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Réfugiés : la RDC, le Burundi et le HCR en quête de solutions durables

Les réponses aux défis humanitaires et migratoires dans la région des Grands Lacs sont au cœur d’une importante réunion tripartite ouverte mardi à Kinshasa entre la République démocratique du Congo, le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Pendant trois jours, les délégations des deux pays et de l’agence onusienne examinent les mécanismes destinés à faciliter le retour volontaire des réfugiés, renforcer leur protection et favoriser leur réintégration durable. 

Kinshasa accueille du 2 au 4 juin 2026 la deuxième réunion tripartite réunissant la République démocratique du Congo, la République du Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), consacrée aux questions humanitaires et migratoires liées aux mouvements de populations entre les deux pays.

Les travaux ont été officiellement lancés par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, tandis que leur clôture est prévue jeudi sous la présidence du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors de la première réunion organisée à Kalemie, dans la province du Tanganyika, où les parties avaient convenu de renforcer leur coopération en matière de protection des réfugiés et de recherche de solutions durables.

Dans son intervention, le gouverneur Daniel Bumba a souligné l’importance de cette concertation régionale.

« Votre présence dans la capitale de la République démocratique du Congo témoigne de notre engagement commun à renforcer la coopération régionale et à promouvoir des solutions durables en faveur des réfugiés ainsi que des populations affectées », a-t-il déclaré.

Le retour volontaire au centre des discussions

Les assises de Kinshasa visent principalement à examiner les mécanismes susceptibles de garantir le retour volontaire, sûr et digne des réfugiés ainsi que leur réintégration durable dans leurs communautés d’origine.

Les participants planchent également sur les moyens d’améliorer la protection des populations déplacées et de renforcer la coopération entre les autorités nationales et les partenaires humanitaires.

Pour le représentant du HCR en RDC, le docteur Pierre Atchom, cette dynamique illustre l’engagement humanitaire des deux pays.

« Le HCR tient à féliciter le gouvernement de la RDC et sa chaleureuse population pour l’accueil continu de réfugiés burundais sur son sol sur plusieurs décennies. Cet engagement humanitaire est un exemple de solidarité internationale et africaine », a-t-il affirmé.

Le responsable onusien a également salué l’accueil réservé aux réfugiés congolais vivant au Burundi, mettant en avant les efforts consentis par les deux États pour répondre aux besoins des populations déplacées.

Les provinces frontalières en première ligne

Les provinces du Sud-Kivu et du Tanganyika, représentées à ces travaux par leurs gouverneurs, occupent une place stratégique dans la gestion des mouvements migratoires entre les deux pays.

Frontalières du Burundi, elles assurent quotidiennement l’accueil, la protection et l’assistance aux réfugiés ainsi que l’accompagnement des rapatriés.

Les discussions de Kinshasa accordent ainsi une attention particulière aux réalités vécues dans ces provinces, confrontées à des défis sécuritaires et humanitaires persistants.

Selon les statistiques présentées au cours de la réunion, 46.444 réfugiés burundais vivent actuellement en RDC, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Katanga et du Tanganyika.

Depuis 2010, plus de 34.000 réfugiés burundais ont été rapatriés avec l’appui du HCR et des gouvernements des deux pays.

Les participants ont également évoqué l’impact des crises sécuritaires sur les mouvements de populations dans la région des Grands Lacs.

Concernant les réfugiés congolais, leur nombre a considérablement augmenté à la suite de l’occupation de plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu par les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda.

Toutefois, certaines évolutions sécuritaires récentes offrent des perspectives encourageantes.

Le secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés en RDC, Éric Mukandila, a indiqué que l’amélioration de la situation à Uvira avait favorisé le retour de milliers de personnes déplacées.

« L’évolution positive de la situation sécuritaire dans les territoires d’Uvira a favorisé le retour spontané de plus de 48.000 personnes », a-t-il précisé.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement congolais à faciliter le retour des réfugiés.

« Le gouvernement de la République démocratique du Congo est totalement engagé à traduire en actes la volonté plusieurs fois exprimée par le Président Félix Tshisekedi de voir les réfugiés dispersés dans le monde retourner au pays pour participer à sa reconstruction », a-t-il ajouté.

Au terme de ces travaux techniques, la RDC, le Burundi et le HCR entendent consolider les mécanismes prévus dans les accords tripartites signés en 2009 sur le rapatriement volontaire des réfugiés.

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