La République démocratique du Congo veut accélérer sa montée en puissance dans la filière cacao en s’appuyant sur l’expertise du premier producteur africain. À Abidjan, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, et le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, ont engagé une coopération stratégique destinée à renforcer la structuration des coopératives, la transformation locale et la valorisation du cacao congolais. Cette initiative intervient quelques jours après l’adhésion officielle de la RDC à l’Accord international sur le cacao (ICCO), une étape qui ouvre de nouvelles perspectives pour l’intégration du pays dans les chaînes de valeur mondiales et pour le renforcement du poids de l’Afrique sur le marché international du cacao.
La République démocratique du Congo et la Côte d’Ivoire ont décidé de renforcer leur coopération dans le secteur du cacao afin d’accélérer la structuration de la filière cacaoyère africaine et d’accroître la valeur ajoutée produite sur le continent.
Cette orientation a été au centre d’une réunion stratégique tenue jeudi 4 juin à Abidjan entre le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné.
Les discussions se sont déroulées dans le prolongement de l’adhésion officielle de la République démocratique du Congo à l’Accord international sur le cacao (ICCO), signé le 2 juin dernier dans la capitale économique ivoirienne.
Pour les autorités congolaises, cette adhésion constitue une opportunité majeure pour renforcer les capacités nationales dans un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans la diversification de l’économie et des exportations du pays.
La Côte d’Ivoire appelée à partager son expérience
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dispose d’une expérience reconnue dans l’organisation des coopératives agricoles, la commercialisation du cacao et la structuration des chaînes de valeur.
Grâce à cette coopération, la RDC entend bénéficier de l’expertise ivoirienne afin d’améliorer l’encadrement des producteurs, renforcer les mécanismes de commercialisation et développer davantage la transformation locale.
Selon les conclusions de la rencontre, les deux pays ambitionnent également de travailler ensemble à la promotion d’une vision africaine commune du développement de la filière cacao.
L’objectif est de permettre aux pays producteurs du continent de peser davantage dans les discussions internationales relatives à la production, à la transformation et à la commercialisation du cacao.
Au-delà des intérêts bilatéraux, Kinshasa et Abidjan souhaitent associer d’autres pays africains producteurs afin de consolider la position du continent sur l’échiquier mondial.
Pour Julien Paluku Kahongya, le développement de la filière cacao ne peut être envisagé sans une coordination étroite entre plusieurs secteurs de l’administration publique.
Le ministre du Commerce extérieur a insisté sur la nécessité d’une approche gouvernementale intégrée associant les ministères de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Industrie, de l’Énergie, des Finances, de l’Économie nationale et du Commerce extérieur.
Cette synergie vise à créer un environnement favorable à l’investissement, à la transformation industrielle et à la compétitivité des produits agricoles congolais sur les marchés internationaux.
L’adhésion de la RDC à l’ICCO officiellement notifiée
Au cours de cette réunion, Julien Paluku a officiellement informé le gouvernement ivoirien de l’adhésion de la République démocratique du Congo à l’Accord international sur le cacao.
Cette démarche marque l’entrée de la RDC dans un cadre international de coopération destiné à promouvoir un développement durable de la filière cacaoyère mondiale.
Pour rappel, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et représente une référence continentale en matière d’organisation des producteurs, de commercialisation et de gouvernance de la filière. La République démocratique du Congo dispose également d’un potentiel important dans la culture du cacao, notamment dans les provinces de la Tshopo, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Équateur et du Kongo Central.
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