Un enjeu sécuritaire désormais au cœur des télécommunications. À Kinshasa, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, a réuni les opérateurs télécoms, le régulateur et les services de sécurité pour endiguer l’usage frauduleux des cartes SIM dans les activités criminelles. Face à la montée des cas d’usurpation d’identité et de délits facilités par l’anonymat numérique, des mesures sont en préparation pour fiabiliser l’identification des abonnés, à travers notamment la mise en place d’une base de données nationale interconnectée.
La lutte contre la criminalité passe désormais aussi par le contrôle des outils de communication. Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a présidé, mardi 7 avril 2026 à Kinshasa, une réunion stratégique consacrée à l’utilisation abusive et frauduleuse des cartes SIM, de plus en plus impliquées dans des activités criminelles.
Autour de la table, les principaux acteurs du secteur étaient réunis : le président de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), les représentants des quatre opérateurs de télécommunications actifs en République démocratique du Congo, ainsi que des responsables des services de sécurité. Une configuration élargie qui traduit l’ampleur du phénomène et la nécessité d’une réponse coordonnée.
Au cœur des échanges, la question du contrôle de la chaîne d’acquisition et d’utilisation des cartes SIM. Les autorités constatent une recrudescence d’actes criminels reposant sur l’exploitation de lignes téléphoniques anonymes ou mal identifiées. Usurpation d’identité, escroqueries, menaces ou encore organisation de réseaux criminels : les cartes SIM sont devenues un vecteur central dans plusieurs infractions.
Face à cette réalité, le gouvernement entend renforcer les mécanismes d’identification des abonnés. « Dans un bref délai, des mesures visant à renforcer la fiabilité de l’identification des abonnés seront adoptées », a indiqué une source proche des discussions. L’objectif est de réduire les marges de manœuvre offertes par l’anonymat et d’améliorer la traçabilité des communications en cas d’enquête.
Parmi les pistes envisagées figure la mise en place d’une base de données centralisée et fiable regroupant les informations des abonnés des différents réseaux de télécommunications. Ce dispositif devrait être développé en collaboration avec le ministère de l’Intérieur, notamment à travers le projet de fichier général d’identification de la population. Une interconnexion entre les données administratives et les systèmes des opérateurs est ainsi à l’étude.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de modernisation des outils de sécurité publique, où la technologie devient un levier essentiel pour prévenir et réprimer les infractions. Elle suppose également une implication accrue des opérateurs, appelés à renforcer leurs procédures d’enregistrement et de vérification des identités lors de la vente de cartes SIM.
La réunion du 7 avril s’inscrit dans la continuité des récentes concertations sécuritaires menées par le gouvernement pour analyser les causes profondes de la criminalité dans plusieurs centres urbains du pays. Elle marque une étape supplémentaire dans la volonté des autorités de s’attaquer aux facteurs structurels facilitant les activités criminelles.
En engageant les opérateurs télécoms dans cette démarche, l’exécutif congolais entend instaurer un cadre plus rigoureux, capable de concilier développement du numérique et exigences sécuritaires. Une équation délicate, mais jugée indispensable face à l’évolution des modes opératoires des réseaux criminels.
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