Le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise continue de gagner du terrain au sein de la société civile. À l’issue d’une marche organisée vendredi à Kinshasa, la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN), conduite par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, a demandé au président Félix Tshisekedi de convoquer un référendum afin de permettre aux Congolais de se prononcer eux-mêmes sur un éventuel changement de la Constitution. Soutenue par plusieurs organisations de la société civile et des autorités coutumières, cette démarche place la consultation populaire au cœur du débat national, alors que les discussions autour de la réforme constitutionnelle divisent toujours la classe politique.
Une partie de la société civile congolaise a choisi de porter le débat sur la réforme constitutionnelle sur le terrain de la consultation populaire. Réunis vendredi à Kinshasa à l’initiative de la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN), des représentants d’organisations citoyennes, de confessions religieuses et de chefs coutumiers ont plaidé pour la convocation d’un référendum afin de permettre à la population de se prononcer sur l’avenir de la Constitution de la République démocratique du Congo.
La démarche a été exprimée au terme d’une marche organisée dans la capitale congolaise et ponctuée par un rassemblement au Stade des Martyrs.
Prenant la parole devant les participants, l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, président de la Coalition Citoyenne pour la Nation, a expliqué que sa plateforme ne se situe ni dans le camp du pouvoir ni dans celui de l’opposition, mais qu’elle entend défendre ce qu’elle considère comme l’expression directe de la souveraineté populaire.
« Nous, nous disons que nous ne sommes ni du pouvoir, ni de l’opposition. Nous sommes la société civile. La Coalition Citoyenne pour la Nation. C’est ici que se réunissent la société civile laïque et la société civile confessionnelle. Nous disons que, puisque les choses sont ainsi, il faut donner la parole au peuple », a-t-il déclaré.
Un appel direct adressé au chef de l’État
Pour les organisateurs de la manifestation, la question constitutionnelle doit être tranchée par les citoyens eux-mêmes à travers les mécanismes prévus par la loi fondamentale.
L’archevêque Ejiba Yamapia a ainsi appelé le président Félix Tshisekedi à initier une consultation référendaire afin de permettre à la population de se prononcer directement sur le sujet.
« Papa Président, la seule chose que nous demandons maintenant, c’est de convoquer le référendum », a-t-il lancé.
Selon lui, la voie référendaire représente aujourd’hui le moyen le plus approprié pour recueillir l’avis de la population sur une question qui suscite des débats au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
« Le moyen de nous donner la parole, c’est le référendum », a-t-il insisté.
S’adressant également à la communauté nationale et internationale, il a rappelé que la souveraineté appartient au peuple.
« Nous, le peuple, nous disons que nous sommes les souverains. En tant que souverain, nous avons lancé l’appel au Chef de l’État en disant que nous voulons qu’il puisse faire appel au référendum parce que le référendum est reconnu par la Constitution. C’est la voix du peuple », a-t-il soutenu.
Un message adressé au Parlement
Au-delà de l’appel lancé au chef de l’État, les organisateurs ont également interpellé les députés nationaux afin qu’ils prennent les initiatives nécessaires pour permettre l’examen des questions liées à la réforme constitutionnelle.
L’archevêque Ejiba Yamapia a estimé que le Parlement devait jouer pleinement son rôle dans ce processus.
« C’est pourquoi nous disons aux députés : le temps est de sauver la République démocratique du Congo. Si même il faut en appeler à une session extraordinaire, nous le peuple nous en demandons », a-t-il déclaré.
Pour les membres de la Coalition Citoyenne pour la Nation, les institutions doivent agir avec diligence afin de permettre l’expression de la volonté populaire dans le respect des mécanismes prévus par les lois du pays.
La manifestation a également été marquée par les interventions de plusieurs autorités coutumières venues soutenir la démarche.
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