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5 juin, 2026 - 18:57:42
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Judith Suminwa reçoit l’audit de la paie, l’IGF recommande un système unifié

Réunie vendredi à la Primature, la Commission chargée du suivi de l’audit de la paie des agents et fonctionnaires de l’État a présenté à la Première ministre Judith Suminwa un rapport à mi-parcours mettant en lumière les premières conclusions de l’Inspection générale des finances (IGF). Au cœur des recommandations figure la création d’un système de paie unifié et entièrement digitalisé destiné à corriger les anomalies, renforcer la transparence et améliorer le contrôle des dépenses salariales. 

Le gouvernement congolais poursuit son offensive en faveur de la transparence et de la rationalisation des finances publiques. La Première ministre Judith Suminwa a présidé vendredi, à la Primature, une réunion consacrée à l’examen du rapport à mi-parcours de l’audit des états liquidatifs de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, une mission confiée à l’Inspection générale des finances (IGF).

Autour de la cheffe du gouvernement étaient réunis les membres de la commission chargée du suivi de cette opération, lancée sur instruction du Président de la République dans le cadre du renforcement de la gouvernance financière.

À l’issue de la rencontre, l’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bisimwa, a annoncé l’achèvement de la première phase du travail consacrée à l’analyse des états liquidatifs de la paie.

« Nous avons fini la première étape de ce travail qui est l’analyse de l’état liquidatif. Nous avons présenté des conclusions à mi-parcours et non définitives. Le travail de terrain doit se poursuivre à partir de lundi », a-t-il déclaré.

Selon lui, les conclusions définitives dépendront des vérifications qui seront menées au sein des administrations concernées.

Une enquête approfondie sur les anomalies constatées

La prochaine étape de l’audit portera sur l’examen des incohérences et écarts relevés dans les différents fichiers de gestion du personnel de l’État.

Les équipes de l’IGF seront déployées dans les structures administratives afin d’identifier avec précision les causes des anomalies observées et de proposer les mesures correctives nécessaires.

Cette phase de terrain est considérée comme essentielle pour établir une cartographie fiable du système de paie et identifier les éventuels dysfonctionnements qui affectent sa performance.

Pour le gouvernement, l’objectif est de disposer d’outils de gestion plus efficaces permettant de garantir une utilisation optimale des ressources publiques.

L’IGF préconise un système de paie unique et digitalisé

Parmi les principales recommandations formulées à ce stade figure l’unification du circuit de la paie des agents publics.

Selon l’Inspection générale des finances, la fragmentation actuelle du système constitue l’une des principales sources des difficultés observées.

« La grande suggestion que nous avons proposée au Gouvernement est de pouvoir unifier le circuit de la paie. Aujourd’hui, nous avons un système de paie éclaté où plusieurs intervenants travaillent sans être intégrés dans un même dispositif », a indiqué Christophe Bisimwa.

Pour l’IGF, la solution passe par une plateforme unique regroupant l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de gestion salariale.

Une telle réforme permettrait de renforcer la traçabilité des opérations, de réduire les risques d’erreurs et de faciliter le suivi des effectifs de l’administration publique.

La masse salariale sous surveillance

L’audit intervient dans un contexte marqué par une attention accrue portée à l’évolution de la masse salariale de l’État.

Selon les premières analyses de l’IGF, les dépenses consacrées à la rémunération des agents publics ont progressé de manière régulière entre janvier 2023 et janvier 2026.

Christophe Bisimwa a toutefois rejeté l’idée d’une explosion soudaine des effectifs ou des charges salariales.

« Les chiffres indiquent une augmentation constante, mais non soudaine, de la masse salariale. Cette évolution s’explique notamment par les ajustements salariaux intervenus au fil des années ainsi que par les engagements pris par l’État envers les agents publics », a-t-il précisé.

Pour le gouvernement, la maîtrise de ces dépenses demeure un enjeu stratégique. Les rémunérations représentent en effet l’un des postes budgétaires les plus importants et influencent directement la capacité de l’État à financer les investissements et les politiques publiques prioritaires.

L’audit en cours devrait permettre de disposer d’une vision plus précise de la situation et d’engager les réformes nécessaires pour moderniser durablement la gestion de la paie dans l’administration publique congolaise.

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