88.41 F
Kinshasa
8 juin, 2026 - 21:04:32
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSanté

[Dans un entretien accordé à la télévision chinoise CGTN] Patrick Muyaya : « Ebola se combat par la science, pas par la fermeture des frontières »

Alors que la République démocratique du Congo poursuit sa riposte contre l’épidémie d’Ebola déclarée en Ituri, la Chine a dépêché à Kinshasa une mission médicale chargée d’appuyer les efforts des autorités sanitaires congolaises. Dans un entretien accordé en visioconférence à la journaliste Shanhui Zhang de CGTN, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a salué « l’envoi à la fois des hommes et du matériel », assurant que les dispositifs de riposte sont désormais pleinement opérationnels sur le terrain. Le ministre a également plaidé pour une approche fondée sur les données scientifiques, estimant que les restrictions de voyage et les fermetures de frontières ne constituent pas des réponses adaptées à une maladie qui se transmet par contact. Il a enfin appelé à un renforcement de la coopération sanitaire entre les pays du Sud afin de consolider durablement les capacités de réponse aux urgences de santé publique.

La République démocratique du Congo a reçu mardi 2 juin à Kinshasa une équipe d’experts médicaux chinois chargée d’appuyer, durant trois mois, les efforts de lutte contre l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri.

Cette mission intervient dans un contexte de mobilisation accrue des autorités sanitaires congolaises et de leurs partenaires internationaux pour contenir la propagation du virus.

Réagissant à cette nouvelle assistance, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a salué l’engagement des autorités chinoises.

« Il faut saluer cette volonté du gouvernement chinois d’envoyer à la fois des hommes et du matériel pour nous appuyer », a-t-il déclaré au cours d’un entretien accordé à la presse chinoise.

Une riposte désormais pleinement déployée

Selon Patrick Muyaya, la situation évolue favorablement sur le terrain malgré les défis liés à la gestion de l’épidémie.

Le porte-parole du gouvernement a indiqué qu’une mission conduite récemment à Bunia avec le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a permis de constater le déploiement effectif des moyens nécessaires à la riposte.

« Les matériels dont nous avons besoin pour protéger les personnels soignants, les équipements de testing pour les laboratoires ainsi que d’autres matériels logistiques sont bien arrivés à Bunia », a-t-il expliqué.

Le ministre a souligné que les équipes du ministère de la Santé, de l’OMS et de plusieurs organisations partenaires travaillent simultanément sur plusieurs fronts : dépistage, suivi des contacts, prise en charge médicale et sensibilisation communautaire.

« Presque trois semaines après la déclaration de l’épidémie, tous les dispositifs sont en place, les testings sont en cours et le tracking des contacts est également en cours », a-t-il affirmé.

Des premiers résultats encourageants

Les autorités congolaises mettent également en avant les premiers signes encourageants enregistrés dans le cadre de la prise en charge des malades.

Patrick Muyaya a annoncé plusieurs guérisons parmi les personnes infectées.

« Nous avons déjà de bonnes nouvelles. Il y a eu cinq puis six personnes guéries à ce jour. D’autres guérisons devraient suivre », a-t-il indiqué.

Pour le gouvernement, ces résultats démontrent l’efficacité des mécanismes de riposte mis en place dès la déclaration officielle de l’épidémie.

Toutefois, le porte-parole a rappelé que les besoins demeurent importants.

Selon lui, le plan régional de riposte est évalué à environ 319 millions de dollars et nécessite encore des appuis logistiques, médicaux et financiers.

Il a invité les partenaires souhaitant apporter leur contribution à se référer directement au ministère de la Santé afin d’identifier les besoins prioritaires.

Patrick Muyaya plaide contre les restrictions de voyage

Au cours de cet entretien, Patrick Muyaya a également insisté sur un message que les autorités congolaises souhaitent adresser à la communauté internationale.

Selon lui, les mesures de fermeture des frontières, les interdictions de séjour ou les quarantaines systématiques ne constituent pas des réponses appropriées face à Ebola.

« Pour lutter contre Ebola, on n’a pas besoin de fermer les frontières. On n’a pas besoin d’imposer une quarantaine de 21 jours », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que la maladie se transmet par contact direct et non par voie aérienne.

« C’est une maladie qui se transmet par contact et non par aérosol », a-t-il insisté.

Il a également mis en avant l’expérience accumulée par la RDC dans la gestion des épidémies.

« Nous avons les compétences, l’expertise et les moyens techniques nécessaires pour faire face à cette situation », a-t-il affirmé.

Au-delà de la gestion immédiate de l’épidémie, Patrick Muyaya a plaidé pour un renforcement durable des systèmes de santé à travers la coopération entre les pays du Sud.

Selon lui, les partenariats sanitaires ne devraient pas se limiter aux périodes de crise.

« Nous n’avons pas forcément besoin d’attendre les épidémies. Nous devons renforcer continuellement les systèmes de santé des pays du Sud global », a-t-il expliqué.

Infos27

ça peut vous intéresser

Laisser un Commentaire

Infos27.CD utilise des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus