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Kinshasa
10 juin, 2026 - 13:49:18
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Haut-Lomami : motion de censure et accusations de détournement secouent l’Assemblée provinciale

Plusieurs députés provinciaux du Haut-Lomami ont été empêchés lundi d’accéder à l’hémicycle, au milieu d’un dispositif sécuritaire imposant. La séance devait installer un bureau d’âge après la vacance contestée du bureau dirigé par Basile Muleba. Les frondeurs dénoncent des détournements de fonds et des violations répétées du règlement intérieur, tandis que le bureau actuel rejette ces accusations, parlant de tensions à caractère politique.

Une fronde secoue l’Assemblée provinciale du Haut-Lomami. Le lundi 8 juin, plusieurs députés ont été empêchés d’accéder à l’hémicycle, en raison d’un important dispositif sécuritaire déployé autour du siège de l’organe délibérant.

La plénière visait notamment à installer un bureau d’âge, après la vacance contestée du bureau dirigé par Basile Muleba. La crise trouve son origine dans une motion de censure initiée le 14 mai contre le comité de gestion. Les députés frondeurs reprochent au bureau présumé détournement de fonds et violations répétées du règlement intérieur.

Selon les élus empêchés de siéger, la séance avait pour objectif d’appliquer l’article 239, alinéa 7, du règlement intérieur, afin d’installer un bureau d’âge chargé de gérer les affaires courantes. Présent sur les lieux, le rapporteur de l’Assemblée a accusé le président Basile Muleba et le questeur Mukaya Séraphin de défier les textes régissant l’institution.

« L’actuel président avait lui-même conduit la commission chargée de l’élaboration du règlement intérieur. Pourtant, il refuse aujourd’hui de respecter une loi qu’il avait soutenue », a-t-il dénoncé.

Accusations de détournement

Le bureau de l’Assemblée provinciale est également visé par des accusations de détournement des émoluments des députés, estimés à plus de 200 millions de francs congolais. Ces griefs avaient déjà conduit, en décembre 2025, à la destitution de Basile Muleba et Mukaya Séraphin, avant leur réhabilitation en mars 2026 par un arrêt de la Cour constitutionnelle. Entre-temps, les députés contestataires ont relancé une procédure devant la Cour de cassation.

De son côté, Senghor Kabondo Sengwa rejette ces accusations et estime que les critiques relèvent d’un malaise politique plutôt que d’une dictature institutionnelle. Le rapporteur accuse également certains responsables des services de sécurité provinciaux de « corruption » et de transmission de « faux rapports » à Kinshasa pour discréditer les députés contestataires.

Cette situation fait craindre une paralysie institutionnelle dans la province, alors que les tensions entre le bureau de l’Assemblée et les élus se poursuivent.

Patient Mubiayi, correspondant à Lubumbashi

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