La République démocratique du Congo s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire financière. Présenté au Sénat par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le projet de loi sur les marchés boursiers entend doter le pays d’instruments modernes de mobilisation de l’épargne et des capitaux. Attendue depuis plusieurs décennies, cette réforme vise à combler un vide dans l’architecture financière nationale, à faciliter le financement des entreprises et à renforcer l’attractivité de l’économie congolaise. Le texte, examiné en plénière avant son renvoi en commission, prévoit notamment la création d’une bourse mobilière, d’une bourse immobilière, d’une autorité de régulation et d’un fonds de garantie destiné aux investisseurs.
La création des marchés boursiers en République démocratique du Congo a été officiellement annoncée jeudi au Sénat, à l’occasion de la présentation d’un projet de loi jugé stratégique pour la modernisation du système financier national, a constaté l’ACP.
Porté par le ministre des Finances, Doudou Fwamba, le texte a été présenté lors d’une séance plénière de la Chambre haute du Parlement avant d’être transmis à la commission Économique, financière et de la bonne gouvernance pour examen approfondi.
Pour le gouvernement, cette réforme constitue une étape majeure dans la transformation de l’économie congolaise et dans la diversification des mécanismes de financement de la croissance.
« Pour la première fois depuis plus de cinquante-cinq ans, un projet de loi relatif aux marchés boursiers en République démocratique du Congo est présenté au Parlement », a déclaré le ministre des Finances devant les sénateurs.
Un maillon manquant du système financier
Selon Doudou Fwamba, la mise en place des marchés boursiers répond à la nécessité de combler un vide longtemps observé dans l’architecture financière du pays.
« Il s’agit d’un important maillon manquant dans notre système financier, permettant davantage d’épargne, davantage de ressources et davantage de capitaux », a-t-il expliqué.
Le gouvernement estime que la création d’un marché financier organisé permettra de canaliser l’épargne nationale vers les investissements productifs, tout en offrant aux entreprises de nouvelles possibilités de mobilisation des capitaux.
Cette réforme s’inscrit également dans la dynamique observée dans plusieurs économies émergentes et africaines qui ont développé des places boursières afin de soutenir le financement du secteur privé et des grands projets d’infrastructures.
Une architecture financière modernisée
Le projet de loi présenté au Sénat est structuré autour de huit titres couvrant l’ensemble des aspects liés à l’organisation et au fonctionnement des marchés boursiers.
Les dispositions proposées portent notamment sur les règles générales applicables aux marchés financiers, l’encadrement des opérations boursières, l’organisation d’une bourse mobilière et d’une bourse immobilière, ainsi que les mécanismes contractuels, fiscaux et réglementaires destinés à sécuriser les transactions.
Le texte prévoit également la mise en place d’une Autorité de régulation chargée de veiller à la transparence et au bon fonctionnement des marchés.
Parmi les innovations majeures figure aussi la création d’un Fonds de garantie des déposants et des investisseurs destiné à renforcer la confiance des acteurs économiques et à protéger les placements effectués sur les futurs marchés financiers congolais.
Un levier pour la croissance économique
Pour l’Exécutif, l’émergence d’un marché boursier national constitue un outil essentiel pour accélérer le développement économique et réduire la dépendance aux modes traditionnels de financement.
Le ministre des Finances a souligné que cette réforme s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à moderniser les institutions économiques du pays et à améliorer l’environnement des affaires.
« Le présent texte de loi jette les bases nécessaires pour combler le vide financier existant en République démocratique du Congo », a affirmé l’argentier national.
Les autorités espèrent que la future place boursière favorisera l’accès des entreprises aux capitaux, stimulera l’investissement privé, encouragera l’épargne nationale et contribuera à une meilleure intégration de la RDC dans les circuits financiers régionaux et internationaux.
À l’issue des échanges en plénière, les sénateurs ont formulé plusieurs observations et préoccupations portant notamment sur les mécanismes de contrôle, la protection des investisseurs et les conditions de mise en œuvre de cette réforme.
Après les réponses apportées par le ministre des Finances, le projet de loi a été renvoyé à la commission Économique, financière et de la bonne gouvernance du Sénat pour un examen détaillé avant son retour en séance plénière.
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