Au lendemain des violences enregistrées dans la capitale, lors de la manifestation d’une partie de l’opposition contre l’examen d’une proposition de loi sur le référendum en RDC, la Belgique a accueilli favorablement l’annonce par le gouvernement congolais de l’ouverture de vérifications destinées à établir les responsabilités. Alors que les autorités provinciales font état d’un bilan de vingt blessés légers, sans perte en vie humaine, et de plusieurs véhicules incendiés, Bruxelles rappelle l’importance de la liberté de manifestation dans un cadre démocratique tout en condamnant les actes de violence et les dégradations. Kinshasa, de son côté, réaffirme son attachement aux libertés publiques tout en annonçant des enquêtes pour faire la lumière sur les événements.
La Belgique a pris acte avec satisfaction de l’annonce faite par le gouvernement de la République démocratique du Congo concernant l’ouverture d’une enquête sur les incidents survenus vendredi 12 juin à Kinshasa lors de la manifestation organisée par une frange de l’opposition.
La réaction est venue du vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, dans un message publié samedi à Bruxelles, au lendemain des affrontements qui ont émaillé ce rassemblement politique dans la capitale congolaise.
« Nous prenons note avec satisfaction de l’enquête annoncée et espérons que les autorités pourront faire la lumière objective sur le déroulé des événements et sur les responsabilités des auteurs de violences, d’où qu’elles proviennent », a déclaré le chef de la diplomatie belge.
Cette prise de position intervient alors que les autorités congolaises ont annoncé des vérifications destinées à établir avec précision les circonstances des incidents enregistrés au cours de cette manifestation.
Dans sa réaction, Maxime Prévot a également insisté sur la nécessité de préserver les libertés démocratiques tout en condamnant les actes de violence.
« La liberté de manifester pacifiquement son opposition est un principe essentiel, dans le respect des lois de la République », a-t-il affirmé. Le ministre belge a parallèlement condamné les actes de vandalisme enregistrés durant cette journée.
Kinshasa confirme l’absence de pertes en vies humaines
Vendredi soir, le gouvernement provincial de Kinshasa a présenté un premier bilan officiel des incidents.
Selon les autorités provinciales, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée malgré les tensions observées au cours de la manifestation.
« D’après les premières données à notre disposition, il n’y a eu aucune perte en vie humaine, vingt (20) blessés légers dont quinze policiers et cinq manifestants, ainsi que près de cinq épaves de véhicules incendiés », a indiqué le communiqué du gouvernement provincial.
Les autorités ont également fait état de dégâts matériels importants, notamment l’incendie de plusieurs véhicules et des dégradations constatées sur certains biens publics et privés.
Le gouvernement provincial dénonce un dispositif de provocation
Dans son communiqué, l’exécutif provincial affirme que les services de sécurité ont identifié ce qu’il présente comme un mode opératoire organisé destiné à provoquer les forces de l’ordre.
« Les informations venant de nos services de sécurité révèlent un mode opératoire préoccupant consistant à recruter et manipuler des individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances prohibées, à les munir d’armes blanches et à les placer en première ligne afin de provoquer les forces de l’ordre », ont soutenu les autorités provinciales.
Le gouvernement provincial estime que ces pratiques s’écartent du cadre normal d’exercice des libertés publiques garanties par la Constitution.
Les autorités annoncent également leur intention de saisir les instances judiciaires compétentes afin que les responsabilités soient établies.
Le gouvernement central ordonne des vérifications
Dans un communiqué publié samedi par le ministère de la Communication et Médias, le gouvernement de la République a condamné les incidents survenus lors de cette manifestation.
L’exécutif a indiqué que des blessés avaient été recensés parmi les manifestants et les forces de l’ordre, tout en confirmant l’existence d’importants dégâts matériels.
Le gouvernement a réaffirmé son attachement aux libertés publiques consacrées par la Constitution, notamment la liberté d’expression, la liberté de réunion et le droit de manifestation pacifique.
Il a toutefois rappelé que l’exercice de ces droits s’inscrit dans le respect des lois de la République, de l’ordre public ainsi que de la sécurité des personnes et des biens.
Afin de déterminer les circonstances exactes des incidents, les services compétents ont reçu instruction de procéder à toutes les vérifications nécessaires dans le strict respect de la loi.
Le gouvernement a enfin appelé l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et de la société civile à faire preuve de responsabilité et de retenue, tout en réaffirmant sa détermination à préserver l’ordre public, la cohésion nationale et la paix publique.
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