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Kinshasa
1 novembre, 2026 - 18:30:40
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Les précédents que l’on oublie : Quand des prêtres contestaient déjà la CENCO… sans que le débat ne devienne tribal

Les faits ont la mémoire longue. Ceux qui s’empressent aujourd’hui d’attribuer à des considérations tribales la prise de distance de plusieurs prêtres de l’archidiocèse de Kananga vis-à-vis de la déclaration de la CENCO gagneraient à relire l’histoire récente de l’Église catholique en République démocratique du Congo. En 2006, des évêques du Grand Kivu avaient publiquement exprimé leurs réserves sur des positions de la hiérarchie catholique relatives au processus électoral. En 2011, des prêtres de la province ecclésiastique de Lubumbashi, au Katanga, s’étaient ouvertement désolidarisés du cardinal Laurent Monsengwo après sa célèbre déclaration sur les résultats de la présidentielle. À aucun de ces épisodes, le débat n’avait été réduit à une opposition entre communautés ou régions. Ressusciter aujourd’hui le réflexe tribal face au cas de Kananga relève moins d’une analyse objective que d’une volonté de discréditer un débat d’idées. L’histoire, elle, rappelle que les divergences au sein de l’Église ont toujours existé et qu’elles méritent d’être examinées sur le fond, non à travers le prisme de l’appartenance régionale.

Le débat suscité par la prise de position de plusieurs prêtres de l’archidiocèse de Kananga sur le changement de la Constitution mérite d’être replacé dans son contexte historique. Les désaccords internes au sein de l’Église catholique congolaise ne sont ni nouveaux ni exceptionnels. Ils ont jalonné plusieurs moments de la vie politique nationale, sans jamais être interprétés sous un prisme tribal.

Près de vingt prêtres de Kananga ont récemment pris leurs distances avec la déclaration de la CENCO du 19 juin, estimant qu’elle « n’est ni un décret, ni un arrêté, encore moins une décision » et qu’elle « ne peut s’ériger en une institution de la République ». Ils soutiennent que la Constitution peut être révisée ou changée par les voies prévues par la loi fondamentale et appellent au respect du libre arbitre des citoyens.

Ces positions ont immédiatement donné lieu, sur les réseaux sociaux et dans certains espaces politiques, à des lectures identitaires cherchant à opposer le Kasaï au reste du pays. Pourtant, l’histoire récente démontre exactement le contraire.

En 2011, le Katanga s’était désolidarisé du cardinal Monsengwo

Après les élections présidentielles de novembre 2011, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya avait déclaré que les résultats proclamés par la CENI n’étaient « conformes ni à la vérité ni à la justice ». Cette sortie avait provoqué une réaction inhabituelle d’une partie du clergé catholique.

Le 14 décembre 2