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Kinshasa
29 août, 2026 - 18:53:43
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Avec des mesures conservatoires ciblées | Goma et Bukavu : le gouvernement protège les parcours universitaires face à l’emprise de l’AFC/M23 

Le gouvernement congolais assume une ligne de fermeté : l’occupation de Goma et Bukavu par l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ne saurait compromettre durablement les études de milliers de jeunes ni fragiliser davantage les institutions publiques d’enseignement supérieur. Dans un communiqué publié le 27 août 2026, le gouvernement annonce des mesures conservatoires ciblées concernant onze établissements publics de Goma et Bukavu. Prises pendant les vacances académiques, elles doivent permettre de préserver les acquis des étudiants, la valeur de leurs diplômes et la continuité de leur formation dans des établissements légalement reconnus. Kinshasa rejette ainsi toute lecture assimilant ces dispositions à une fermeture générale des universités ou à un abandon des étudiants vivant dans les zones occupées.

Le gouvernement congolais entend empêcher que la crise sécuritaire dans l’Est ne se transforme en crise académique durable. Face à « l’ingérence de l’AFC/M23, supplétif du Rwanda, dans le fonctionnement de certaines institutions publiques d’Enseignement supérieur et universitaire », Kinshasa a pris des mesures conservatoires ciblant onze établissements publics identifiés à Goma et Bukavu.

Publiées jeudi 27 août 2026, ces dispositions, arrêtées pendant les vacances académiques, visent à protéger les étudiants et à préserver « la régularité de leurs parcours et la valeur de leurs diplômes ». Avant la rentrée 2026-2027, le gouvernement prévoit leur orientation et la poursuite de leurs études dans des établissements conformes aux exigences légales.

Kinshasa souligne que ces mesures sont temporaires et ciblées : elles « ne constituent ni une fermeture générale de l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ni un abandon des étudiants ou des populations vivant dans les zones sous occupation ».

Protéger les étudiants plutôt que laisser s’installer l’irrégularité

Pour le gouvernement, l’occupation d’une partie du territoire national ne peut conférer à une force armée ou à une administration de fait le pouvoir de modifier la légalité des institutions universitaires congolaises.

Les comités de gestion régulièrement investis restent « les seules autorités habilitées à engager les établissements concernés », souligne Kinshasa.

Le communiqué résume cette position en une formule forte : « Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre. »

Les mesures annoncées visent ainsi à prévenir une rupture institutionnelle susceptible de compromettre durablement les parcours des étudiants.

Dans ce contexte, leur réorganisation temporaire apparaît comme une mesure de sauvegarde : mieux vaut garantir la régularité des cursus et la reconnaissance future des diplômes que laisser se poursuivre des formations dont la légalité pourrait être contestée.

La valeur des diplômes au cœur de la décision

La décision du gouvernement repose sur plusieurs fondements juridiques, notamment les articles 42, 43 et 45 de la Constitution et la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 relative à l’enseignement national. Kinshasa s’appuie également sur le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, les standards de l’UNESCO sur l’autonomie universitaire et la liberté académique, ainsi que sur une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU concernant la continuité de l’éducation en période de conflit.

L’objectif est clair : préserver la légalité des parcours et les acquis académiques. Aucun étudiant ne devra reprendre son cursus « à zéro », une garantie essentielle pour ceux de Goma et Bukavu affectés par la désorganisation des institutions sous occupation.

Les enseignants ne sont pas abandonnés

Le gouvernement entend rassurer les personnels académiques et administratifs. Il rappelle que l’État « n’a jamais abandonné les enseignants qui subissent les conséquences de l’agression ».

Les enseignants reconnus continueront à percevoir leur rémunération, y compris ceux déplacés, réfugiés ou empêchés d’exercer en raison de l’occupation.

Kinshasa distingue leur situation de celle d’éventuels cas de collaboration avec l’AFC/M23, qui seront examinés « conformément aux procédures en vigueur et dans le respect des droits de la défense ».

Cette position traduit une volonté de protéger les enseignants victimes de la guerre tout en préservant la légalité institutionnelle et l’avenir des étudiants.

Pitshou Mulumba

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