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Assemblée nationale | Aimé Boji rappelle Joseph Kabila à ses obligations d’ancien chef de l’État

Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, oppose à Joseph Kabila la légitimité des urnes et le respect de la Constitution. Réagissant au discours de l’ancien chef de l’État, il a contesté son bilan en matière de pacification et de réunification du pays, tout en lui reprochant de mettre en cause les institutions actuelles. « Les élus du peuple n’ont aucune leçon de légitimité à recevoir de celui qui a prolongé son propre mandat de deux ans », a-t-il déclaré, dans un contexte marqué par la guerre dans l’Est de la RDC.

Le discours de Joseph Kabila adressé à la nation a provoqué une réplique ferme à l’Assemblée nationale. Au nom de la Représentation nationale, son président, Aimé Boji, a contesté les déclarations de l’ancien chef de l’État, mettant en avant la légitimité des institutions issues des urnes et les responsabilités attachées au statut d’ancien président élu. Sa réaction intervient alors que la République démocratique du Congo (RDC) reste confrontée à la guerre dans sa partie orientale.

« Et je lui réponds au nom de l’Assemblée nationale. Les élus du peuple n’ont aucune leçon de légitimité à recevoir de celui qui a prolongé son propre mandat de deux ans », a lancé Aimé Boji devant les députés nationaux. Par cette déclaration, il a opposé la légitimité électorale des institutions actuelles à la prolongation du mandat de Joseph Kabila, dont le terme constitutionnel était fixé au 19 décembre 2016.

La légitimité des institutions au cœur du débat

Le président de la Chambre basse a également critiqué la référence de l’ancien président à la continuité de l’État et à la pérennité du régime. « Ce n’est pas au peuple congolais qu’il parle, c’est à l’étranger, pour l’inviter à miser sur l’après, au moment même où la République est résolument engagée sur la recherche de la paix », a-t-il affirmé.

Aimé Boji a, par ailleurs, contesté le bilan présenté par Joseph Kabila, qui estime avoir laissé, en 2019, un pays réunifié et largement pacifié. « Regardons ce miroir en face », a-t-il exhorté, avant d’évoquer les manifestations réprimées entre 2015 et 2018, les violences au Kasaï ainsi que l’assassinat de deux experts des Nations unies en mars 2017.

L’Est du pays, autre point de confrontation

Sur le plan sécuritaire, le président de l’Assemblée nationale a remis en question l’affirmation selon laquelle le pays aurait été réunifié sous la présidence de Joseph Kabila. « À l’Est, les groupes armés n’ont pas été vaincus. Ils ont été intégrés, recyclés, amnistiés », a-t-il déclaré.

Il a notamment rappelé l’accord du 23 mars 2009, signé sous la présidence de Joseph Kabila, auquel le mouvement M23 rattache son appellation, ainsi que la chute de Goma aux mains de la rébellion en novembre 2012. Ces références historiques ont servi à étayer sa contestation du bilan sécuritaire de l’ancien régime.

Au-delà du bilan politique, Aimé Boji a invoqué la loi du 26 juillet 2018 portant statut des anciens présidents de la République élus. Ce texte encadre le statut honorifique et les obligations liées à cette qualité, notamment en matière de réserve, de dignité et de fidélité envers l’État.

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