Loin de Kinshasa, mais au cœur des enjeux congolais. En marge d’un rendez-vous diplomatique et religieux à Washington, le président Félix Tshisekedi et l’opposant Martin Fayulu se sont entretenus autour d’une question centrale : comment recréer un consensus national face aux fractures politiques et sécuritaires du pays. Selon l’entourage de Fayulu, l’échange a mis l’accent sur le rôle des Églises catholique et protestante comme médiateurs, ainsi que sur la nécessité d’un dialogue inclusif réunissant toutes les forces politiques et sociales.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et l’opposant Martin Fayulu ont échangé jeudi 5 février à Washington D.C., en marge de la 74ᵉ édition du National Prayer Breakfast, un rassemblement annuel mêlant responsables politiques, religieux et diplomates.
Selon des proches de Martin Fayulu, la discussion a porté principalement sur la situation politique et institutionnelle congolaise, ainsi que sur les voies possibles de décrispation.
Les Églises comme pivot de médiation
Au cœur des échanges : le rôle des confessions religieuses.
Martin Fayulu a insisté « sur le rôle central que doivent jouer la CENCO, l’ECC et les autres confessions religieuses », a rapporté son collaborateur Prince Epenge.
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont déjà, par le passé, servi d’intermédiaires dans plusieurs crises politiques, notamment lors des négociations de la Saint-Sylvestre en 2016.
Pour l’opposant, ces institutions conservent une légitimité morale susceptible de faciliter un dialogue crédible entre acteurs politiques.
Un plaidoyer pour un dialogue inclusif
Toujours selon Prince Epenge, Martin Fayulu a également plaidé pour « la nécessité d’un dialogue inclusif ».
Le leader de la coalition Lamuka souhaite que « toutes les parties prenantes politiques et sociales de la RDC soient représentées », estimant qu’aucune solution durable ne peut émerger sans une concertation élargie.
Cette position s’inscrit dans une ligne défendue de longue date par l’opposant, qui appelle régulièrement à un cadre de discussions dépassant les clivages majorité-opposition.
Un symbole plus qu’un accord formel
Aucune déclaration officielle commune n’a été rendue publique à l’issue de la rencontre, et aucun engagement formel n’a été annoncé.
Mais le simple fait que les deux personnalités aient échangé, dans un contexte international, revêt une portée symbolique.
Alors que la RDC fait face à des tensions sécuritaires persistantes dans l’Est et à des débats politiques internes nourris, cet entretien suggère au moins une reconnaissance partagée de la nécessité du dialogue.
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