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23 octobre, 2026 - 09:45:06
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Est de la RDC : l’ONG BADILIKA alerte sur les violences numériques contre les enfants

Recrutement en ligne, harcèlement, chantage et diffusion non consentie de contenus intimes exposent les enfants, particulièrement les filles, à de graves conséquences psychologiques et sociales dans l’Est de la RDC. L’ONG BADILIKA appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à renforcer la prévention, la protection des victimes et les poursuites contre les auteurs de ces violences.

Le développement des outils numériques expose les enfants à de nouvelles formes de violence, particulièrement dans les zones de conflit armé de l’Est de la République démocratique du Congo. Face aux risques de recrutement, de harcèlement et d’exploitation en ligne, l’ONG de défense des droits humains BADILIKA appelle les autorités congolaises et les partenaires internationaux à renforcer les mécanismes de prévention et de protection. Dans un communiqué signé mercredi 21 octobre par son secrétaire général, Kambale Nguka Patrick, l’organisation a salué l’adoption, le 19 octobre 2026, de la résolution 2832 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les risques numériques pour les enfants.

Les plateformes numériques, nouveaux espaces de violence

Dans les provinces de l’Est, où les groupes armés restent actifs, les réseaux sociaux et les applications de messagerie peuvent servir à recruter, manipuler, harceler ou exploiter des enfants. BADILIKA souligne que les violences commises à travers les outils numériques ne doivent pas être minimisées, rappelant qu’un recrutement effectué par téléphone constitue toujours un recrutement et que le harcèlement en ligne demeure une forme de violence.

L’organisation s’inquiète particulièrement de la situation des élèves et des étudiantes, exposées au chantage, aux menaces et à la diffusion non consentie de contenus intimes. Ces pratiques peuvent entraîner une stigmatisation sociale, un isolement et de graves traumatismes psychologiques, jusqu’à pousser certaines victimes à abandonner leurs études.

BADILIKA insiste sur la nécessité de protéger les victimes plutôt que de leur faire porter la responsabilité des violences subies.

Le gouvernement appelé à renforcer la protection

Face à ces menaces, l’ONG exhorte le gouvernement congolais à intensifier les actions de prévention, à conduire des enquêtes rigoureuses et à poursuivre les auteurs présumés. Elle demande également une application effective des textes légaux relatifs à la protection de l’enfance et à la sécurité numérique.

L’organisation sollicite par ailleurs l’appui de l’UNICEF, des agences des Nations unies et des partenaires techniques et financiers pour soutenir les initiatives locales de sensibilisation et d’éducation à la sécurité numérique dans les écoles et les universités.

Un accompagnement renforcé pour les victimes

Au-delà de la prévention, BADILIKA plaide pour la mise en place de dispositifs confidentiels de signalement, un meilleur accès à l’assistance psychosociale et juridique ainsi qu’une justice accessible aux victimes.

« Aucun enfant ne doit perdre son avenir à cause d’un écran. Aucune fille ne doit être condamnée au silence à cause des violences subies. Aucun auteur ne doit bénéficier de l’impunité », martèle l’organisation, qui se dit disposée à contribuer à la documentation sécurisée des violations et aux efforts de protection des enfants au Nord-Kivu.

Justin Mupanya, correspondant au Nord-Kivu 

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