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2 juin, 2026 - 07:44:35
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Martin Fayulu rejette l’initiative de réforme constitutionnelle de Félix Tshisekedi

Sans surprise, l’opposant Martin Fayulu a fermement rejeté l’initiative du Président Félix Tshisekedi d’initier une réflexion sur la réforme constitutionnelle. Dans une réaction publiée sur son compte X, consulté par notre rédaction le 12 novembre, il a présenté le retard dans la nomination du Premier ministre comme un simple prétexte, affirmant que la Constitution ne nuit en rien au fonctionnement des institutions. Alors que le pays se trouve à un tournant décisif, Fayulu appelle à un débat authentique et dénonce ce qu’il qualifie d’« incohérences du discours présidentiel », promettant de ne pas céder aux manœuvres politiques. Selon lui, l’accent mis sur une nouvelle Constitution ne serait qu’un moyen de contourner les restrictions imposées par l’article 220, qui limite la durée et le nombre de mandats présidentiels. En tant qu’opposant déterminé, Martin Fayulu envisage de mobiliser la rue pour contrer les ambitions de Félix Tshisekedi. Toutefois, il est conscient des défis que cela représente, notamment la faible mobilisation des citoyens à ses appels, comme en témoigne la situation lors des élections contestées de 2023, face à une machine au pouvoir avec l’UDPS, parti phare de la majorité, qui continue de maîtriser la rue et ses réalités.

En réponse à la proposition du Président de la République, Félix Tshisekedi, d’initier une réflexion nationale sur la réforme constitutionnelle, l’opposant Martin Fayulu a fermement rejeté cette idée. Dans une publication sur son compte X, Fayulu a exprimé son désaccord après le discours du Chef de l’État sur l’état de la nation, affirmant que « la Constitution n’entrave en rien le bon fonctionnement des institutions ». Il a souligné que le retard dans la nomination du Premier ministre n’a aucune fondation constitutionnelle. Il a ainsi cité l’article 78 de la Constitution : « Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci… Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition ».

Par cette déclaration, Fayulu semble suggérer que le temps mis par le Président de la République pour former un gouvernement après les élections n’est qu’un prétexte pour justifier une réforme constitutionnelle. Selon lui, cette situation est « manifestement fallacieuse ». Il a également noté une incohérence dans le discours présidentiel, soulignant que « hier, vous évoquiez le changement de la Constitution ; aujourd’hui, vous parlez d’une réforme constitutionnelle ». Il a conclu en appelant à mettre fin à cette « stratégie du ‘Stop and Go' », qui selon lui, ne fait qu’introduire de la confusion dans le débat public.

Quelques jours plus tôt, lors d’une interview accordée à Afrikarabia, Martin Fayulu avait montré une ouverture à une révision constitutionnelle, mais de manière limitée. Il a précisé que « quand on veut réviser la Constitution, il faut discuter avec les gens. Cela prend du temps ». Concernant l’article 71, il a noté qu’un consensus semble exister en faveur d’un retour à une présidentielle à deux tours. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’un dialogue préalable, déclarant : « C’est pour cela que j’ai demandé la mise en place du processus de Kinshasa », soulignant ainsi l’importance d’un consensus national avant d’entreprendre toute révision constitutionnelle.

« On peut se mettre d’accord, par exemple, sur le deuxième tour de la présidentielle. Ces parties prenantes peuvent décider de revenir à la Constitution originelle de 2006. Pas besoin de changer de Constitution. Félix Tshisekedi veut une nouvelle Constitution, car il veut toucher le fruit interdit, c’est-à-dire l’article 220 [qui limite la durée et le nombre de mandats présidentiels – ndlr], et s’éterniser au pouvoir. Il n’y a pas un seul article de la Constitution qui empêche le président Tshisekedi de travailler », a déclaré Martin Fayulu, leader du parti Ecide.

Selon lui, la fixation sur une nouvelle Constitution ne serait qu’un prétexte pour contourner les limitations imposées par l’article 220, qui stipule que le président ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Fayulu soutient que les dispositions actuelles de la Constitution sont suffisantes et que la solution réside dans un retour aux principes établis en 2006, sans nécessité de modification.

Face à ce qu’il considère comme une menace pour la démocratie, Fayulu envisage de mobiliser la rue pour contrer les ambitions de Tshisekedi. Cependant, il est conscient des défis que cela implique, notamment la faible mobilisation des citoyens lors des élections contestées de 2023. Il explique : « Pour 2023, c’est différent. Nous n’avons pas demandé au peuple de descendre dans la rue. Nous avons considéré qu’il n’y avait pas eu d’élections, mais juste un simulacre d’élections. Les dés étaient pipés. L’idée était de ne pas aller aux élections, mais on n’a pas réussi à se mettre d’accord au sein de l’opposition sur cette stratégie. »

Fayulu qui reconnaît que la division au sein de l’opposition a entravé des actions coordonnées contre ce qu’il perçoit comme une atteinte à la démocratie, ne rassure pas par ailleurs sur sa capacité à rassembler les forces opposantes autour d’une cause ou encore une mobilisation populaire.

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