Longtemps insinuées, les complicités internes derrière l’agression que subit la RDC se précisent désormais au grand jour. En confirmant les accusations du président Félix Tshisekedi, l’ancien porte-parole de la Majorité sous le régime sortant, André-Alain Atundu, brise un tabou en établissant un lien direct entre Joseph Kabila et la rébellion du M23. Son analyse ne se limite pas à relever des connexions troublantes ; elle expose surtout le double jeu d’un ancien chef d’État qui, plutôt que de condamner l’ennemi, se drape dans un silence pesant. À l’heure où la nation lutte pour sa survie, l’ambiguïté n’est plus de mise : chaque acteur politique doit choisir son camp.
Alors que la République démocratique du Congo (RDC) subit une agression injuste orchestrée par les terroristes du M23 avec le soutien avéré de l’armée rwandaise, la vérité semble émerger progressivement. Les massacres perpétrés dans l’Est du pays, les milliers de civils déplacés et les souffrances infligées à la population attestent de la brutalité de cette guerre imposée. Mais au-delà des atrocités sur le terrain, une autre bataille se joue sur le front politique et diplomatique : celle de la responsabilité.
Récemment, le président Félix Tshisekedi a levé un pan du voile sur les responsabilités cachées derrière cette tragédie. Lors de la conférence internationale sur la sécurité à Munich, en février 2025, il a pointé du doigt son prédécesseur, Joseph Kabila, qu’il accuse d’être le véritable commanditaire de cette rébellion armée, en connivence avec le régime de Paul Kagame. Une déclaration qui a suscité de vives réactions, mais qui trouve désormais un écho surprenant au sein même des rangs de l’ancien régime.
Dans l’émission « Le débat congolais » diffusé sur une chaine You tube, GSR Congo TV, André-Alain Atundu, ancien porte-parole de la Majorité de Joseph Kabila, a confirmé les accusations du chef de l’État, Félix Tshisekedi. S’appuyant sur les faits et le déroulement des événements, il a déclaré : « Logiquement, c’est le temps qui nous révèle le lien profond qu’il y a entre le Président Kabila et le M23, comme il l’a dit dans sa tribune. Je constate que le Président Tshisekedi avait raison : il y a des connexions sérieuses entre l’ancien Président, l’AFC et le M23. »

Cette prise de position publique de la part d’une ancienne figure aussi emblématique du FCC ne saurait être anodine. Elle jette une lumière crue sur une réalité longtemps occultée : l’existence de liens occultes entre l’ancien pouvoir et la rébellion qui endeuille l’Est de la RDC. De fait, l’ex-président Joseph Kabila, en publiant récemment une tribune en Afrique du Sud sur la situation sécuritaire du pays, s’est gardé de toute condamnation explicite du M23. Une omission qui n’a pas échappé à Atundu : « Le Président Kabila n’a pas eu un seul mot de compassion pour les atrocités subies par les populations du Kivu. De l’autre côté, nous avons un Président qui est préoccupé par les souffrances de son peuple et qui veut y mettre fin. Et vous voulez empêcher ce Président de mettre fin aux atrocités pour qu’on discute d’abord du partage du pouvoir ? Non, c’est immoral ! »
Une leçon de patriotisme adressée à Kabila
Pour André-Alain Atundu, l’heure n’est pas aux manœuvres politiciennes, mais à l’unité nationale face à l’ennemi. Il exhorte ainsi l’ancien président à clarifier sa position et à appeler ses partisans à soutenir Félix Tshisekedi dans son combat contre l’occupation étrangère. À défaut, il estime que Joseph Kabila se positionnerait de fait comme un allié objectif des puissances qui déstabilisent la RDC.
L’ambassadeur Atundu va plus loin en dénonçant une contradiction flagrante dans le discours de Kabila : « Quand il dit que le M23 a des revendications légitimes, que dit la Constitution lorsqu’on a des revendications légitimes ? Dit-elle de prendre les armes ? Au contraire, son article 64 stipule : ‘Celui qui veut prendre le pouvoir par les armes, le peuple doit se lever contre lui.’ Il pousse le M23 à prendre les armes et demande au peuple congolais de croiser les bras. C’est inacceptable ! »
Dans un contexte où la RDC lutte pour sa souveraineté face à une agression externe, ces révélations d’André-Alain Atundu sonnent comme un appel à la clarté et à la responsabilité. Plus que jamais, l’heure est venue pour chaque acteur politique de choisir son camp : celui de la nation ou celui de ses fossoyeurs.
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