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10 février, 2026 - 03:55:21
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Brazzaville : La RDC rallie les Assemblées parlementaires francophones à sa cause contre l’agression rwandaise

Réunis à Brazzaville pour la 16ᵉ Conférence des présidents des Assemblées parlementaires de la Francophonie (APF), les responsables des parlements francophones d’Afrique ont exprimé, les 15 et 16 avril, leur pleine solidarité envers la République démocratique du Congo face à l’agression armée dont elle est victime dans sa partie orientale. Le président du Sénat congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, a profité de cette tribune pour solliciter et obtenir l’inscription, dans le communiqué final, d’un appui explicite aux sanctions visant le Rwanda et les rebelles du M23, ainsi qu’un soutien à la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Une victoire diplomatique sur le front parlementaire qui s’inscrit dans la stratégie de Kinshasa pour internationaliser le conflit, renforcer la pression sur Kigali et mobiliser les institutions régionales autour de la cause congolaise.

Réunis à Brazzaville les 15 et 16 avril 2025 pour la 16ᵉ Conférence des présidents des Assemblées parlementaires de la Francophonie (APF), les représentants des parlements francophones d’Afrique ont exprimé une solidarité appuyée à l’égard de la République démocratique du Congo (RDC). Jean-Michel Sama Lukonde, président du Sénat congolais, y a plaidé avec fermeté pour une reconnaissance de l’agression dont son pays est victime dans l’Est, sous couvert du mouvement armé M23 soutenu par le Rwanda. À l’issue de la réunion, ses appels ont été entendus et intégrés au communiqué final : les parlementaires francophones soutiennent désormais les sanctions contre Kigali et ses alliés armés ainsi que la mise en œuvre de la résolution 2773 des Nations unies.

La diplomatie parlementaire au service de la paix

Venue avec une double représentation — Assemblée nationale et Sénat — la délégation congolaise n’a pas ménagé ses efforts pour obtenir un soutien explicite de ses pairs francophones. « Il ne s’agit pas de pratiquer la politique de la chaise vide », a insisté Jean-Michel Sama Lukonde, rappelant que la RDC tient à faire entendre sa voix sur toutes les scènes diplomatiques, y compris parlementaires. Le président du Sénat a tenu à inscrire la démarche de son institution dans la continuité des orientations du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont il a salué la diplomatie active.

Au cœur de son plaidoyer : la situation sécuritaire alarmante qui prévaut dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où les rebelles du M23, bénéficiant d’un appui logistique et militaire de Kigali selon plusieurs rapports des Nations unies, poursuivent leur avancée militaire. Depuis des mois, cette coalition armée occupe des localités stratégiques, provoquant le déplacement de centaines de milliers de civils. « Nous déplorons une situation tragique, condamnée aujourd’hui par tous grâce à cette diplomatie agissante », a poursuivi Sama Lukonde.

L’appui à la résolution 2773 de l’ONU

Le point culminant de l’intervention congolaise a été la demande d’inscription, dans le communiqué final, d’un soutien clair à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Adoptée en 2023, cette résolution réaffirme la souveraineté de la RDC et condamne les violations répétées de son territoire par des groupes armés étrangers. Si elle reste peu contraignante, sa valeur symbolique est forte, et Kinshasa espère s’en servir comme levier dans les différentes enceintes diplomatiques pour accroître la pression internationale.

Le communiqué final de la Conférence, adopté à l’unanimité, reprend également la demande congolaise d’un appui aux sanctions visant le Rwanda et les acteurs identifiés comme complices dans l’alimentation du conflit via le soutien logistique au M23. Une avancée saluée par Sama Lukonde, qui y voit un tournant dans la mobilisation parlementaire francophone : « C’est une diplomatie parlementaire qui agit vraiment », a-t-il souligné.

Un front parlementaire élargi en gestation

Le président du Sénat a également mis en avant la cohésion entre les deux chambres du Parlement congolais, dont les délégations ont travaillé « de manière conjointe » lors de ces assises. Il s’est félicité de la qualité du travail accompli par l’équipe de l’Assemblée nationale, tout en annonçant la poursuite de cette mobilisation lors des prochaines rencontres, notamment celles qui rassembleront les présidents des Sénats francophones. « Nous partons ici avec la détermination de poursuivre cet élan, au sein de la section Afrique de l’APF mais aussi dans toutes les enceintes où se discutent les grandes questions du continent », a-t-il déclaré.

Ce soutien politique, même non contraignant, constitue pour la RDC un appui diplomatique important dans un contexte de guerre prolongée et de crise humanitaire persistante. Alors que les combats se poursuivent dans l’Est du pays et que les négociations régionales piétinent, Kinshasa entend capitaliser sur tous les espaces d’influence disponibles pour faire valoir son droit à la sécurité et à l’intégrité territoriale.

L’activisme parlementaire congolais s’inscrit donc dans une stratégie d’ensemble visant à internationaliser davantage la question sécuritaire dans l’Est et à construire des alliances durables. À Brazzaville, un pas a été franchi — et la RDC espère désormais que les mots se traduiront par des actes, tant dans les chancelleries que dans les enceintes parlementaires du monde francophone.

Infos27

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