82.78 F
Kinshasa
10 octobre, 2026 - 21:54:08
Image default
Flash InfosJusticeLa unePolitique

205 millions de dollars et zéro responsabilité, Bukanga-Lonzo : immunités, victimisation et esquives — le grand théâtre de Matata Ponyo

Il fut un temps où le pouvoir suffisait à se soustraire à la justice. Augustin Matata Ponyo, lui, aura tout tenté pour faire durer cette époque. Entre immunités brandies à la carte, arguties constitutionnelles et dérobades stratégiques, l’ancien Premier ministre a transformé son procès en labyrinthe procédural. Mais l’échéance judiciaire, désormais, ne l’attendra plus. Malgré sa décision de ne pas comparaître, la Cour constitutionnelle tiendra audience. Et avec elle, c’est tout un peuple qui réclame enfin des comptes.

Il y a des hommes qui défient les institutions comme d’autres défient les lois de la gravité. Augustin Matata Ponyo en est le prototype : ancien Premier ministre devenu expert en esquive judiciaire, il transforme les failles du système congolais en autant de retranchements d’impunité. À force d’invoquer à la carte ses titres passés ou présents — tantôt « ancien chef du gouvernement », tantôt « sénateur intouchable » ou encore « député national intouchable » — il s’est érigé en totem d’évitement, comme si la justice ne pouvait jamais l’atteindre.

Mais l’heure du face-à-face semble arrivée. Dans un extrait de rôle daté du 18 avril 2025, la Cour constitutionnelle a confirmé la tenue de l’audience publique de ce mercredi 23 avril à 11 heures, dans le cadre du dossier RP 002 : Ministère public contre Matata Ponyo Mapon Augustin, Grobler Christo Stephanus et Mutombo Nyembo Déogratias. La Cour, siégeant en matière répressive, balaie ainsi d’un revers de robe les manœuvres dilatoires, les arguties procédurières et les effets de manche.

L’art de l’évitement, érigé en méthode

Depuis des années, Matata joue au chat et à la justice. Devant la Cour constitutionnelle, il s’exclame : « Je ne suis plus justiciable ici. » Devant la Cour de cassation : « Je ne le suis pas encore. » Une gymnastique juridique où l’essentiel — les faits, les preuves, les responsabilités — disparaît dans une brume d’interprétations. Une tentative désespérée de retarder l’échéance, comme si le temps pouvait effacer la mémoire collective ou dissiper les 205 millions de dollars engloutis à Bukanga-Lonzo.

Et désormais, ultime pirouette : Matata Ponyo a annoncé qu’il ne se présentera pas devant la haute Cour. Il justifie ce refus par la position de lâ