Confrontée à l’agression persistante du Rwanda et à l’instabilité qu’elle alimente dans toute la région des Grands Lacs, la République démocratique du Congo intensifie sa riposte diplomatique et multiplie les tribunes internationales pour faire entendre sa voix et dénoncer l’impunité dont bénéficie jusque-là Kigali. En déplacement à Paris, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a choisi la tribune de l’Institut français des relations internationales pour livrer un message clair : la paix en RDC est une responsabilité collective, et l’heure est à la mobilisation accrue des partenaires extérieurs. Devant un parterre de diplomates et d’experts, il a conjugué lucidité et volontarisme, défendant les progrès diplomatiques récents tout en soulignant l’urgence d’un engagement international renforcé. Son discours s’inscrit dans une stratégie plus large, portée au plus haut sommet de l’État, pour replacer la RDC au cœur des enjeux de sécurité et de développement du continent africain.
En visite officielle à Paris, le ministre de la Communication et Médias de la République démocratique du Congo (RDC), Patrick Muyaya, a pris la parole, lundi 28 avril, à l’Institut français des relations internationales (IFRI), dans le cadre d’une conférence de haut niveau consacrée à la sécurité en Afrique. Devant un auditoire composé de diplomates, de chercheurs, de parlementaires et de représentants d’organisations internationales, le porte-parole du gouvernement congolais a livré une analyse sans détour de la crise persistante dans l’Est du pays.
« Nous sommes optimistes, et nous sommes aussi vigilants ! », a-t-il lancé, évoquant les négociations diplomatiques en cours, notamment autour d’un nouvel accord envisagé à la suite de la Déclaration de principes signée à Washington, au mois de février. « Nous avons atteint ce niveau de progrès y compris grâce à l’implication des pays européens », a-t-il ajouté, en saluant la contribution décisive de plusieurs partenaires occidentaux aux initiatives de désescalade.
Un contexte sécuritaire toujours fragile
Depuis plusieurs années, la partie orientale de la RDC est en proie à une insécurité chronique, alimentée par la présence de groupes armés locaux et étrangers, au premier rang desquels le mouvement M23, bénéficiaire du soutien du Rwanda voisin. Les efforts diplomatiques, menés en parallèle par l’Union africaine, la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et les Nations unies, peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain, malgré des engagements formels répétés.
Dans ce contexte, l’intervention de Patrick Muyaya visait à rappeler que « la stabilité de la RDC est un enjeu régional, mais aussi mondial ». Le ministre a insisté sur le lien indissociable entre sécurité et développement, pointant l’urgence d’aboutir à une paix durable comme préalable à toute relance économique : « Nous travaillons pour une solution qui ramène une paix durable, une paix définitive qui nous permette de commencer à parler du développement. »
Un plaidoyer pour une solidarité internationale
Cette prise de parole, la première du ministre congolais dans un cadre aussi institutionnel en France depuis plusieurs mois, se veut un appel à la mobilisation des puissances occidentales. Patrick Muyaya a plaidé pour une intensification de l’appui diplomatique, logistique et humanitaire à destination de la RDC, à un moment charnière où les discussions sur un nouveau cadre d’accord régional entrent dans une phase décisive.
« Les avancées obtenues sont le fruit d’un effort collectif », a-t-il martelé, en référence aux engagements pris dans le cadre des pourparlers de Luanda et de Nairobi, qui, selon lui, doivent désormais être accompagnés d’un « suivi plus soutenu, plus contraignant » de la part des garants internationaux.
Un engagement porté au plus haut niveau
La visite de Patrick Muyaya à Paris intervient alors que le président Félix Tshisekedi a intensifié ses contacts diplomatiques ces derniers mois, multipliant les visites officielles et les rencontres bilatérales, notamment avec ses homologues africains, chinois, américains et européens. Ce renforcement de l’agenda diplomatique traduit une volonté claire de replacer la RDC au centre des dynamiques régionales et internationales.
En clôture de son intervention, le ministre congolais a réaffirmé la « détermination totale » du gouvernement à faire prévaloir la paix, avant de rappeler que l’histoire de la RDC ne saurait se résumer à ses conflits : « Nous avons le potentiel de devenir un moteur de stabilité et de prospérité sur le continent. Ce potentiel mérite l’attention et le soutien de tous. »
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