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12 mai, 2026 - 21:35:49
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Grogne à la RTNC, Patrick Muyaya privilégie l’écoute

Face à une grogne sociale persistante au sein de la Radio-télévision nationale congolaise, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a choisi la voie du dialogue — franc, direct, mais encadré par une exigence de respect mutuel. En recevant durant quatre heures les représentants syndicaux, il a rappelé que toute négociation sérieuse ne peut s’accommoder d’invectives ni de débordements verbaux. Car si les revendications sont légitimes, elles ne sauraient justifier les outrances qui ont entaché les récentes manifestations. En tendant la main aux partenaires sociaux sans céder à la pression, le ministre affirme une méthode : celle d’un État à l’écoute, mais attaché à la dignité du débat public.

Dans une atmosphère marquée par les tensions sociales persistantes à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC), le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a reçu dans la soirée du lundi 12 mai une délégation du mouvement syndical de ce média public. La rencontre, tenue dans son cabinet entre 19 heures et 23 heures, visait à désamorcer la crise née des revendications du personnel et d’un sit-in controversé tenu le week-end précédent.
Durant quatre heures d’échanges, le ministre a de nouveau passé en revue les revendications formulées par les syndicalistes. Il en a profité pour exprimer sa désapprobation face aux propos jugés injurieux tenus par certains manifestants à son encontre et à l’endroit d’autres personnalités publiques. Des paroles, relayées sur les réseaux sociaux, qui ont suscité une vague d’indignation. « On ne peut pas bâtir un dialogue responsable sur la base des injures », aurait souligné un proche du ministre.

Des revendications multiples et pressantes
La délégation syndicale, conduite par René Kalonda, a réitéré ses quatre principales doléances : la mise en œuvre effective du nouveau barème salarial signé depuis quatre ans ; le paiement des 16 mois d’arriérés représentant les 25 % non perçus du précédent barème (« maboko banque ») ; l’opérationnalisation de la redevance grâce au système douanier Sydonia ; et la mise à la retraite du personnel ayant dépassé 35 années de service.

Si les griefs ont été longuement exposés, aucune excuse n’a été formulée par les syndicalistes concernant les propos tenus lors de leur récente manifestation. Une posture que le ministre a regrettée, tout en maintenant sa volonté d’apaisement.

Une commission conjointe pour débloquer les arriérés

Sur le point sensible des arriérés, Patrick Muyaya a annoncé la mise en place d’une commission mixte, composée de représentants de la direction générale de la RTNC et du syndicat, chargée de travailler avec les experts du ministère du Budget. Objectif : élaborer un calendrier clair pour l’apurement progressif de cette dette salariale.

La directrice générale de la RTNC, Sylvie Elenge, a de son côté précisé que, selon les dernières discussions avec les ministères concernés, les quatre derniers mois de l’année 2024 (de septembre à décembre) seraient « incessamment » payés. Les mois restants feront l’objet d’un traitement échelonné.

Surveillance accrue de la redevance via Sydonia

Le ministre a également évoqué les avancées enregistrées sur la question de la redevance. Grâce à un serveur dédié au logiciel douanier Sydonia installé dans son cabinet, les flux financiers destinés à la RTNC peuvent désormais être surveillés en temps réel. Pour les trois premiers mois de l’année 2025, ce mécanisme a permis de collecter un montant de 722 137 007,03 francs congolais et 3 123 dollars américains, soit l’équivalent de 255 973,09 dollars au total.

Vers un dialogue interministériel

Pour faire progresser les discussions sur la réforme du statut de la RTNC et la revalorisation du barème salarial, Patrick Muyaya a annoncé la tenue, d’ici à la fin du mois de mai, d’une séance de travail entre les ministères de la Communication, du Budget, des Finances et la RTNC.

Quant à la question de la retraite des agents ayant dépassé 35 ans de service, elle reste conditionnée à la disponibilité des ressources et à la régularisation des cotisations sociales. Une mission sera envoyée à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour discuter de la part patronale que l’État n’a pas versée depuis plusieurs années.

À l’issue de la réunion, René Kalonda a salué la disponibilité du ministre tout en soulignant l’absence de solutions concrètes immédiates. « C’est un début de négociation », a-t-il déclaré, précisant que d’autres rencontres suivront. « L’opinion doit retenir que le syndicat a répondu à l’appel de l’employeur conformément à nos principes, pour engager des discussions. »

Ce premier round de négociation ouvre une fenêtre de dialogue, mais la crise au sein de la RTNC demeure loin d’être résolue. Entre les promesses gouvernementales et l’impatience croissante du personnel, le chemin vers l’apaisement s’annonce semé d’embûches.

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