C’est une première qui, en République démocratique du Congo, pourrait faire date : pour la première fois depuis l’indépendance, un ancien président de la République est en passe d’être rattrapé par la justice de son propre pays. La procédure enclenchée contre Joseph Kabila Kabange, sénateur à vie, pour des faits d’une gravité exceptionnelle – participation à un mouvement insurrectionnel, trahison, crimes de guerre et crimes contre l’humanité – a franchi un cap décisif jeudi 15 mai au Sénat. À huis clos, la chambre haute a ouvert l’examen des réquisitoires de la haute cour militaire et constitué, dans le strict respect de la Constitution, une commission spéciale chargée d’évaluer la recevabilité des poursuites. Dans les prochaines heures, la question de la levée de son immunité parlementaire pourrait sceller l’irréversibilité d’un processus historique. Loin d’un séisme institutionnel, cette avancée judiciaire témoigne d’une exigence démocratique essentielle : celle qui veut que nul, pas même un ancien chef de l’État, ne soit au-dessus des lois.
Un cap décisif vient d’être franchi dans la procédure judiciaire visant l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange. Jeudi 15 mai, le Sénat, réuni en plénière au Palais du peuple, a entamé l’examen des réquisitoires émis par la haute


