86.38 F
Kinshasa
7 novembre, 2026 - 19:37:01
Image default
Flash InfosLa unePolitiqueSécurité

Massacre fictif à Moba : 318 morts annoncés, une intox relayée par Vital Kamerhe

Il aura suffi d’une phrase, solennelle et précipitée, pour jeter un froid sur la fin de session parlementaire et susciter l’émoi à travers le pays. Dimanche 15 juin, en pleine plénière, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, annonçait avec gravité un supposé massacre de 318 civils à Moba, dans la province du Tanganyika. Une déclaration lourde de sens, formulée sans vérification préalable ni confirmation officielle, depuis le haut du perchoir, comme une vérité établie. À peine le chiffre prononcé, une minute de silence fut observée, les réseaux sociaux s’embrasèrent, les réactions politiques se multiplièrent. Mais dès le lendemain, le démenti tombe : aucun massacre, aucune attaque massive n’a eu lieu cette nuit-là. Le chiffre avancé correspondait en réalité à un bilan cumulé sur deux années, mal interprété et mal relayé. Cet épisode troublant met en lumière les failles persistantes de la communication institutionnelle à l’Assemblée nationale : approximative, vulnérable aux rumeurs, trop peu encadrée. Dans un pays fragilisé par les conflits armés et les campagnes de désinformation, la prudence et la vérification devraient être des impératifs. Cette prise de parole hâtive, bien que probablement dictée par la compassion, soulève des interrogations de fond : quelles procédures encadrent la validation des informations relayées au sommet de la Chambre basse ? Quels garde-fous existent pour prévenir de telles dérives ? Lorsqu’il est question de vies humaines, l’émotion ne saurait se substituer à la rigueur. La République attend de ses institutions non pas des effets d’annonce, mais une parole mesurée, fondée sur des faits.

Une seule phrase, prononcée avec gravité depuis le perchoir de l’Assemblée nationale, a suffi à semer la stupeur à travers tout le pays. Dimanche 15 juin, en clôture de la session parlementaire de mars, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, déclarait solennellement : « 318 personnes ont été tuées cette nuit à Moba, dans la province du Tanganyika, et des villages ont été évacués ». Le ton était alarmant, la parole semblait irrévocable. Une minute de silence fut observée. Les réseaux sociaux s’enflammèrent. Les réactions politiques s’enchaînèrent. L’émotion était à son comble.

Mais à peine 24 heures plus tard, la réalité des faits est venue doucher ce qui apparaît désormais comme une fausse alerte. Dans un communiqué officiel diffusé lundi 16 juin par le Cabinet du Rapporteur de l’Assemblée nationale, il est formellement indiqué que le chiffre avancé de 318 morts était erroné. Selon ce document signé de Philibert Kanika Sumbayi, chef de cabinet du rapporteur, cette information, relayée au président de l’Assemblée par le caucus des députés du Tanganyika, n’était fondée sur aucune vérification sérieuse. Aucun massacre d’une telle ampleur n’a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 juin.

Une annonce prématurée, une institution débordée

L’affaire soulève de nombreuses interrogations. Comment une aussi grave déclaration a-t-elle pu être rendue publique sans aucune confirmation officielle préalable ? Et surtout : pourquoi le président de l’Assemblée nationale s’est-il cru autorisé à annoncer un bilan aussi dramatique, sans attendre que le gouvernement – seul compétent en matière de sécurité nationale – ne se prononce ?

Car en la matière, les usages républicains sont clairs : c’est à l’exécutif, à travers ses rela