La béatification de Floribert Bwana Chui, célébrée le 15 juin à Rome, dépasse le cadre d’un simple acte religieux : elle consacre la mémoire d’un jeune fonctionnaire congolais tombé pour avoir choisi la vérité face à la compromission, la justice face au silence. Dix-sept ans après son assassinat à Goma pour avoir refusé de laisser passer des produits avariés, l’Église catholique élève au rang de bienheureux ce symbole d’intégrité dans un pays où l’honnêteté demeure un acte de bravoure. En recevant les pèlerins congolais au Vatican, le pape Léon XIV a livré un vibrant hommage à cette figure de paix et de résistance morale, appelant à faire de sa mémoire un ferment de transformation, non seulement pour le Kivu meurtri, mais pour toute une jeunesse africaine en quête de repères.
Par un soleil romain chargé de ferveur, des centaines de Congolais ont assisté, dimanche 15 juin, à la béatification de Floribert Bwana Chui, jeune fonctionnaire congolais assassiné en 2007 pour avoir refusé un acte de corruption. Le lendemain, le pape Léon XIV a reçu les pèlerins congolais en audience au Vatican, saluant avec émotion la mémoire d’un « homme de paix », devenu, selon ses mots, « un modèle pour une génération en quête de sens et de justice ».
« D’où un jeune homme pouvait-il tirer la force de résister à une corruption enracinée dans la mentalité courante et capable de toutes les violences ? » a interrogé le souverain pontife, visiblement touché par l’engagement de Floribert. « Il était convaincu que nous étions nés pour faire de grandes choses, pour marquer l’histoire, pour transformer la réalité », a-t-il souligné devant une délégation mêlant évêques, responsables politiques, jeunes fidèles et membres de la diaspora congolaise.
Le pape a insisté sur la dimension spirituelle du courage de Floribert Bwana, soulignant une foi « nourrie par la prière et la fraternité » et un refus de céder à l’inertie morale dans une société rongée par la peur et l’impunité. « Être honnête, c’est répandre la lumière de Dieu, c’est vivre la béatitude de la justice, vaincre le mal par le bien. »
Cette béatification survient dans un contexte de crise persistante à l’est de la République démocratique du Congo, en particulier dans le Nord-Kivu, d’où était originaire le jeune martyr. « Dans une région aussi souffrante que le Kivu, il menait son combat pour la paix avec assurance, en servant les pauvres, en cultivant l’amitié dans une société déchirée », a rappelé le pape.
En évoquant Floribert, le souverain pontife ne parle pas seulement d’un croyant exemplaire, mais aussi d’un jeune professionnel au sens aigu de l’éthique publique. Entré à l’Office congolais de contrôle (OCC), Floribert Bwana avait été muté à Goma, où il s’était vu proposer un pot-de-vin pour laisser passer des denrées périmées. Il avait refusé. Dans les jours qui ont suivi, il avait été enlevé, torturé, puis exécuté dans la nuit du 7 au 8 juillet 2007.
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