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5 mars, 2026 - 13:01:32
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Députés du Tanganyika reçus à la Primature : bilan des morts clarifié, appel à la sécurité

La parole publique ne s’improvise pas. Encore moins lorsqu’elle touche au tragique. En évoquant un prétendu massacre de 318 civils à Moba, dans le Tanganyika, le président de l’Assemblée nationale a déclenché une onde de choc – avant que les faits ne soient démentis, puis recontextualisés. Deux jours plus tard, une délégation de députés de la province, reçue par la Première ministre, a précisé que ce chiffre renvoie à un cumul de victimes sur plusieurs années. Si la compassion peut expliquer la précipitation, elle ne dispense pas de la rigueur. Dans une République fragilisée par les conflits et la désinformation, l’émotion ne doit jamais se substituer à la vérification.

Alors qu’ils entament leurs vacances parlementaires, plusieurs députés nationaux originaires du Tanganyika ont été reçus à la Primature pour un entretien de fond avec la cheffe du gouvernement. Menée par le député John Banza Lunda, la délégation a mis en avant l’urgence sécuritaire dans le territoire de Moba, régulièrement secoué par des violences attribuées à des milices locales.

« Nous avons insisté sur la question de la sécurité et nous avons eu l’occasion de préciser le drame qui se déroule dans notre province. Le chiffre de 318 morts évoqué par le président de l’Assemblée nationale est un cumul des atrocités subies par la population depuis bientôt quatre ans », a déclaré M. Banza Lunda à l’issue de l’audience.

Cette précision vient éclairer une déclaration faite deux jours plus tôt par le président de la Chambre basse, Vital Kamerhe, lors de la clôture solennelle de la session ordinaire de mars. Devant l’hémicycle, ce dernier avait évoqué la mort de 318 civils dans le territoire de Moba, laissant entendre que ces tueries s’étaient produites en une seule nuit. Le chiffre, aussitôt relayé, avait provoqué stupeur et indignation dans l’opinion.

Mais rapidement, la déclaration a été contredite par les autorités locales. Le gouverneur du Tanganyika, l’administrateur de Moba et les FARDC ont tour à tour nié qu’un tel massacre ait eu lieu récemment. À leur suite, un communiqué signé par le chef de cabinet du rapporteur de l’Assemblée nationale a reconnu une erreur dans les données transmises à Vital Kamerhe : « Après vérification, ce nombre de victimes communiqué au président de l’Assemblée nationale […] est erroné. »

Dans un pays fragilisé par les conflits armés et les campagnes de désinformation, cette confusion interroge. Quelle chaîne de vérification encadre la parole des plus hautes institutions ? Comment éviter que des chiffres approximatifs ne viennent envenimer un climat déjà délétère ?

Si la compassion peut expliquer la hâte, elle ne saurait la justifier. Lorsqu’il est question de vies humaines, seule la rigueur compte. La République n’attend pas des effets d’annonce, mais des paroles pesées, vérifiées, responsables. À défaut, la crédibilité même des institutions s’effrite.

Au-delà de la polémique, les élus du Tanganyika ont appelé à une mobilisation accrue du gouvernement pour restaurer la paix dans leur province. « L’essentiel, a insisté le député Banza Lunda, c’est de trouver des solutions concrètes pour une paix définitive. » Une exigence qui, elle, ne souffre aucune approximation.

Infos27

 

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