En rupture avec les rituels protocolaires, le corps diplomatique accrédité à Kinshasa a choisi, ce 29 juin – à la veille de la célébration officielle de l’indépendance de la RDC –, de marquer la fête nationale aux côtés des sinistrés. Une commémoration solidaire, émouvante et exemplaire, portée par l’ambassadeur du Maroc, Rachid Agassim, doyen des ambassadeurs en poste à Kinshasa, qui redonne à la diplomatie ses lettres de noblesse humaines. Dans les tribunes du Stade des Martyrs, ce sont des vivres, mais surtout un message d’affection, de présence et d’engagement, qui ont été partagés avec les plus vulnérables.

En ce 29 juin 2025, loin des salons officiels, c’est sur la pelouse du Stade des Martyrs que le corps diplomatique accrédité en République démocratique du Congo (RDC) a choisi de marquer la 65e fête de l’indépendance. Guidée par l’ambassadeur du Maroc, doyen des ambassadeurs en poste à Kinshasa, M. Rachid Agassim, la délégation a opté pour un hommage vivant, aux côtés des plus vulnérables : les sinistrés des inondations et les déplacés internes accueillis dans la capitale.
« Tozali awa na bino mpo na kotalisa bolingo na biso » — « Nous sommes ici pour vous montrer notre affection », a déclaré Rachid Agassim en lingala devant un public ému. Dans les tribunes du stade, plusieurs centaines de bénéficiaires ont reçu des vivres et produits de première nécessité, fruit d’une mobilisation collective entre diplomates, entreprises privées et autorités locales.
Une solidarité incarnée
« À la veille de la célébration de l’indépendance, nous avons décidé de manifester concrètement notre solidarité avec ceux qui ont tout perdu », a expliqué le diplomate marocain dans un discours sobre et engagé. Il a salué « la réactivité des autorités congolaises » dans la gestion des conséquences des intempéries et souligné le rôle essentiel du secteur privé dans cette opération d’envergure.
Grâce à l’implication de Rawbank, de la société SOKIN et de la Chambre de commerce Congo-Maroc, des tonnes de vivres ont pu être mobilisées et distribuées. La coordination avec le ministère des Affaires sociales, la Ville de Kinshasa et le ministère d’État en charge des Affaires étrangères a permis d’acheminer l’aide directement aux populations ciblées.
Un geste qui dépasse les symboles
Présente à la cérémonie, la ministre des Affaires sociales s’est félicitée de cette « diplomatie du cœur » en pleine célébration nationale. Une initiative qui tranche avec les commémorations protocolaires et incarne, selon elle, « une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, plus humaine, plus ancrée dans les réalités locales ».
Pour M. Agassim, cette action n’est pas une fin en soi. « Le temps n’est pas aux discours mais aux actions », a-t-il insisté. « Nous espérons que ce geste modeste en inspirera d’autres, plus durables. »
Une diplomatie en phase avec le terrain
Ce geste, unanimement salué, redessine les contours d’une diplomatie plus proche des populations, à l’écoute des besoins sociaux autant que des priorités politiques. « Tous les membres du corps diplomatique n’ont pas hésité à contribuer personnellement », a précisé M. Agassim, soulignant l’esprit d’unité et de mobilisation.
Dans les allées du stade, les sourires des bénéficiaires et les mots de gratitude spontanés résonnaient comme la plus vibrante réponse à cette initiative. À Kinshasa, en ce 29 juin, l’indépendance s’est célébrée les mains tendues, loin du faste, mais au plus près de l’essentiel : la dignité humaine.
Pitshou Mulumba



