De retour des États-Unis, où elle a signé l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous l’égide de Washington, la ministre d’État aux affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a remis, lundi 30 juin, au président Félix Tshisekedi la copie originale du document, accompagnée d’une lettre du président américain Donald Trump. Reçue au Palais de la Nation en compagnie d’une délégation d’experts de la Présidence ayant participé aux négociations, Mme Kayikwamba a dressé le bilan de cette mission diplomatique jugée décisive par Kinshasa. Le chef de l’État a salué le travail accompli et annoncé la mise en place d’un mécanisme chargé du suivi de l’accord, dont la première évaluation est attendue lors d’un sommet des chefs d’État prévu en octobre à Washington.
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C’est en présence des principaux artisans de la mission congolaise aux États-Unis – diplomates, conseillers spéciaux – que la ministre d’État a présenté le précieux document, fruit d’intenses négociations sous médiation américaine. Si le contenu de la lettre remise par le président Donald Trump n’a pas été rendu public, Thérèse Kayikwamba a néanmoins indiqué qu’il s’agirait d’une invitation en vue d’un sommet des chefs d’État, prévu en octobre prochain à Washington, pour garantir la mise en œuvre effective de l’accord.
« Nous avons eu l’occasion d’échanger à fond avec le Commandant suprême sur cette journée, sur la manière dont la cérémonie s’est déroulée et surtout sur les prochaines étapes », a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise.
Engagements réciproques et mécanisme de suivi
Pour Kinshasa, la priorité désormais est claire : traduire les engagements écrits en actions concrètes. Le chef de l’État a félicité son équipe pour la qualité du travail accompli et a décidé de la mise en place d’un mécanisme de suivi de l’accord. « Nous avons signé un accord qui nous oblige, et nous ferons preuve de rigueur et de constance dans son application », a insisté la ministre Kayikwamba.
Face à la presse, elle a réaffirmé la volonté du président Tshisekedi de « s’assurer que la RDC honore ses obligations, tout en veillant à ce que les autres signataires, notamment le Rwanda, respectent également les leurs ».
L’accord de paix, signé le 27 juin à Washington sous l’égide du secrétaire d’État américain Marco Rubio, avait été suivi d’une audience solennelle à la Maison Blanche, où Donald Trump a salué un « geste de responsabilité historique » et mis en garde contre toute tentative de torpillage du processus.
Vers un sommet décisif à Washington
La mission congolaise ayant pris part aux négociations et à la signature comprenait, outre Mme Kayikwamba, des personnalités clés de l’appareil d’État : André Wameso, directeur de cabinet adjoint du Chef de l’État, Patrick Luabeya, envoyé spécial, le général-major Augustin Mamba, l’ambassadeur Zenon Mukongo, et l’expert Jean-Claude Kabongo.
Cette équipe, appelée à être reconduite dans le cadre du mécanisme de suivi, aura pour tâche d’assurer la coordination entre les différents volets de l’accord : cessez-le-feu, désarmement, réintégration des groupes armés, sécurité transfrontalière, et surtout justice pour les victimes.
Le rendez-vous fixé à l’automne dans la capitale américaine pourrait constituer la première épreuve de vérité pour l’accord fraîchement signé. L’enjeu : réunir autour d’une même table tous les signataires pour dresser un premier bilan d’étape et éviter que ce texte ne rejoigne la longue liste des accords jamais appliqués.
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