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13 mai, 2026 - 15:59:44
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Kinshasa serre la vis fiscale : Églises et grands contribuables dans le viseur

La capitale congolaise serre la vis fiscale. À l’approche de la grande échéance du 1er février 2026, les autorités provinciales dénoncent des pertes massives de recettes dues aux exonérations contestées, aux déclarations abusives et au non-paiement de l’impôt par plusieurs catégories d’acteurs, dont certaines grandes confessions religieuses et des opérateurs économiques prospères. Occupant parfois d’importants patrimoines fonciers, des institutions se prévaudraient du statut d’ASBL pour échapper à la fiscalité locale. Face à un budget jugé insuffisant pour financer le programme « Kinshasa Ezo Bonga », la DGRK annonce des mesures coercitives : scellés, saisies et poursuites dès février. Un tournant assumé au nom du « civisme fiscal ».

Le message se veut clair et sans ambiguïté : à Kinshasa, le temps de la tolérance fiscale touche à sa fin.

Mardi 27 janvier 2026, face à la presse, le ministre provincial des Finances, Magloire Kabemba, accompagné du chargé des missions de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK), Gérard Kajakambowa, a officiellement lancé la grande échéance fiscale fixée au 1er février. Une date butoir à partir de laquelle la ville promet d’appliquer strictement les sanctions prévues par la loi.

Dans le viseur des autorités : les entreprises défaillantes, certains opérateurs économiques aisés, des personnalités politiques, mais aussi des institutions religieuses accusées de se soustraire à l’impôt.

Des confessions religieuses pointées du doigt

Sans citer d’entités précises, les responsables fiscaux évoquent les « plus grandes Églises », notamment catholique, protestante (ECC) et d’autres structures confessionnelles, qui occupent parfois de vastes concessions foncières à Kinshasa.

Selon l’administration fiscale, plusieurs d’entre elles se déclareraient comme associations sans but lucratif (ASBL) pour bénéficier d’exonérations, alors même que certaines activités généreraient des revenus imposables.

Pour la DGRK, cette situation crée un déséquilibre.

« Kinshasa n’a pas de minerais. Nous n’avons que les impôts », a rappelé Gérard Kajakambowa, appelant l’ensemble des contribuables au « civisme fiscal ».

Le responsable souligne que l’effort doit être partagé par tous, y compris les institutions influentes : « Chacun doit contribuer au fonctionnement de la ville ».

Un potentiel fiscal jugé sous-exploité

Les autorités provinciales estiment que la capitale dispose d’un potentiel fiscal largement supérieur aux recettes actuellement mobilisées.

Malgré un essor immobilier visible, la multiplication des commerces et le dynamisme de certains secteurs, les rentrées fiscales restent en deçà des attentes.

« Le potentiel fiscal de Kinshasa est largement sous-exploité », a constaté le ministre Magloire Kabemba, qui lie cette situation aux déclarations incomplètes, aux exonérations abusives et au non-respect des obligations fiscales.

Pour l’exécutif provincial dirigé par le gouverneur Daniel Bumba, l’enjeu est budgétaire autant que politique : il s’agit de financer le programme de modernisation urbaine « Kinshasa Ezo Bonga », axé notamment sur les routes, l’assainissement et les services publics.

Des mesures de contrainte annoncées

À compter du 1er février, l’administration promet un changement de méthode.

En cas de non-paiement, « il y aura notamment le scellage temporaire des établissements, des saisies mobilières et immobilières », a prévenu Magloire Kabemba.

Ces mesures visent à contraindre les récalcitrants à régulariser leur situation.

Pour la DGRK, la démarche se veut avant tout dissuasive : l’objectif affiché est moins de punir que d’élargir l’assiette fiscale et d’instaurer une culture de conformité.

Entre exigences fiscales et sensibilité sociale, la question demeure toutefois délicate.

Taxer des institutions religieuses, souvent perçues comme des acteurs sociaux majeurs : écoles, hôpitaux, œuvres caritatives, peut susciter des résistances. Les autorités devront donc distinguer clairement les activités non lucratives, légalement exonérées, des activités économiques imposables.

De son côté, la ville assume une ligne de fermeté : sans recettes propres, aucune politique publique durable n’est possible.

« Nous n’avons que les impôts », insiste la DGRK.

Dans une métropole de plus de quinze millions d’habitants, la bataille fiscale est désormais présentée comme une condition de survie budgétaire.

Infos27

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