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Kinshasa
17 avril, 2026 - 01:43:56
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Avec l’UNIKIN comme point de départ : Patrick Muyaya mise sur l’appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour une paix durable en RDC

‎« Jeunesse congolaise, appropriez-vous le narratif national et devenez les artisans de la paix » : l’injonction claque comme un mot d’ordre. C’est par cet appel direct que Patrick Muyaya, ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, a ouvert, mercredi 23 juillet, une conférence-débat sous le chapiteau de l’Université de Kinshasa (UNIKIN). Thème : « Au cœur du processus de pacification de la RDC : comprendre pour agir – l’appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable ». Face à un auditoire dense – étudiants, professeurs, membres du corps académique –, le ministre a fixé l’enjeu : sortir la paix des incantations pour en faire une responsabilité concrète. « La paix ne se décrète pas, elle se construit », a-t-il martelé. Pour lui, la jeunesse ne peut rester spectatrice. Elle doit incarner la dynamique du changement, s’approprier le récit national, contrer les narratifs imposés de l’extérieur, et devenir les voix qui portent l’unité congolaise.

‎Patrick Muyaya n’a pas éludé les racines profondes du conflit qui ensanglante l’Est depuis trois décennies. « Vous savez que nous connaissons un conflit depuis près de 31 ans. Parmi vous, certains n’ont jamais connu un pays en paix », a-t-il rappelé, évoquant l’arrivée des réfugiés rwandais en 1994, à la demande de la communauté internationale : « La solidarité exprimée à l’époque fut le point de départ des drames que nous vivons encore aujourd’hui ».

‎Le ministre a replacé la guerre dans ses dimensions géopolitiques et économiques, avant d’alerter : « Cette guerre n’est pas seulement dirigée contre le président Félix Tshisekedi. Elle vise la souveraineté même de la RDC ». Et de prévenir : « Il ne peut y avoir de paix durable si la jeunesse ne s’approprie pas l’histoire et ne participe pas à l’écriture du présent ».

Cinq jalons pour comprendre la pacification

‎Pour éclairer son auditoire, Muyaya a égrené cinq dates clés : 18 mars 2025 : Rencontre tripartite à Doha entre les Chefs d’État du Qatar, de la RDC et du Rwanda ; 23 avril 2025 : Déclaration conjointe RDC – AFC/M23 ; 25 avril 2025 : Déclaration de principes RDC – Rwanda à Washington ; 27 juin 2025 : Signature de l’Accord de paix RDC – Rwanda ; 19 juillet 2025 : Déclaration de principes RDC – AFC/M23.

‎Ces accords, a-t-il expliqué, « ouvrent la voie à la paix, mais celle-ci ne viendra pas des textes seuls : elle exige l’implication citoyenne ».

‎Déconstruire les narratifs importés

‎Au cœur du message, une exigence : promouvoir un narratif congolais endogène, positif, ancré dans la résilience et les réussites locales. « Le récit d’un peuple forge son identité collective et renforce son unité », a insisté le ministre, invitant les jeunes à « déconstruire les narratifs qui présentent le Congo uniquement comme un pays de guerre et de dépendance ».

‎Répondant à la frustration des étudiants, qui se disent marginalisés des processus décisionnels et invisibles dans les médias, Muyaya a proposé la création de plateformes citoyennes et universitaires pour que la jeunesse produise et diffuse son propre récit, en partenariat avec les médias publics et privés. La radio Alma Mater de l’UNIKIN, « Colline inspirée », sera mobilisée comme relais.

« Comprendre pour agir »

‎La conférence s’est transformée en véritable agora citoyenne. Les étudiants ont plaidé pour plus d’engagement et de dialogue intercommunautaire. Beaucoup ont exprimé leur conviction : « La paix ne viendra pas uniquement par les traités, mais par une jeunesse consciente et fière de son identité ». Le ministre les a exhortés à s’éduquer sur les enjeux régionaux, à déjouer les fausses informations qui pullulent sur les réseaux sociaux, et à s’engager dans la diplomatie populaire : « Nous avons besoin d’ambassadeurs de paix dans chaque université, chaque quartier, chaque village ».

‎« L’UNIKIN prend le leadership »

‎Le recteur Jean-Marie Kayembe a salué l’initiative : « Vous avez choisi de parler au cœur du processus de pacification. Quel meilleur lieu qu’une université, où bat le cœur de la pensée nationale ? L’UNIKIN prend la ferme résolution de jouer son rôle moteur ». Et d’ajouter, non sans emphase : « Aujourd’hui, nous avons eu le privilège de nous abreuver à la source – celle du savoir étatique et diplomatique. Trop souvent, ces sujets sont déformés sur les réseaux sociaux. Ici, nous avons entendu la vérité ».

En clôture, Patrick Muyaya a redit son ambition : intégrer la jeunesse dans les stratégies de paix par la souveraineté narrative. Plus qu’un simple discours, la rencontre incarne un tournant : la pacification de la RDC ne viendra pas d’ailleurs, mais du Congo lui-même – par sa jeunesse, pour son avenir.

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