À des milliers de kilomètres de Kinshasa, Moïse Katumbi se pose en vigile de la Constitution, multipliant les mises en garde contre toute prolongation du mandat présidentiel. Mais derrière cette rhétorique enflammée, l’opposition qu’il incarne reste étonnamment muette sur les réalités dramatiques de l’Est congolais, théâtre d’une agression rwandaise qui a fait des victimes civiles et militaires. Tandis qu’il appelle à la mobilisation citoyenne et à l’unité de l’opposition, Katumbi se trouve également éclaboussé par des révélations sur ses contacts avec Corneille Nangaa, à la tête de l’AFC/M23, structure créée par Kigali. Entre posture spectaculaire à Bruxelles et absence de contre-propositions concrètes, le leader de « Ensemble pour la République » illustre une opposition encore en panne, plus soucieuse de ses calculs politiques que de la défense effective de la République et de ses institutions.
Depuis Bruxelles, Moïse Katumbi et son parti « Ensemble pour la République » multiplient les déclarations tonitruantes sur le respect des délais constitutionnels en RDC, mais sans présenter la moindre alternative crédible au pouvoir en place. Les 12 et 13 août, lors d’un conclave du Comité Directeur du parti, Katumbi a insisté sur « la mobilisation citoyenne » et la lutte contre ce qu’il qualifie de « dérives inquiétantes » : corruption, bradage des richesses nationales, et tentative de prolongation du mandat présidentiel.
Pourtant, ce verbe tonitruant contraste avec un silence gênant sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, où l’agression rwandaise, orchestrée par le M23 et ses relais locaux, a causé de nombreuses victimes congolaises. Pis encore, des révélations récentes font état de contacts établis entre Katumbi et Corneille Nangaa, longtemps présenté comme une marionnette à la tête de l’AFC/M23, structure créée et soutenue par Kigali. Ces liens jettent une lumière peu flatteuse sur l’opposition katumbiste, qui semble plus préoccupée par son image et ses calculs politiques que par la défense concrète de l’intégrité territoriale et de la Constitution.
En somme, derrière ses appels à l’unité et à la vigilance citoyenne, Katumbi et son parti apparaissent comme une opposition en panne de propositions réelles, oscillant entre posture spectaculaire et pratiques controversées, loin de la démarche constitutionnelle qu’ils prétendent défendre.
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