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Ituri : les FARDC déterminées à neutraliser les groupes armés récalcitrants à Djugu

Face à l’enlisement des violences dans le territoire de Djugu, les Forces armées congolaises ont haussé le ton. Le 12 août 2025, elles ont réaffirmé leur détermination à désarmer les milices qui refusent de respecter les accords de paix, alors que l’insécurité continue de faire des ravages dans cette zone sensible de l’Ituri.

Malgré les accords de paix conclus entre les autorités provinciales et plusieurs milices locales, le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, demeure en proie à des violences persistantes. Le mardi 12 août 2025, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont réaffirmé leur engagement à neutraliser les groupes armés encore actifs dans la région.

Lors d’une conférence de presse tenue à Djugu, le porte-parole des FARDC en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, a présenté le bilan des opérations en cours. Selon lui, l’armée a intensifié ses interventions dans les zones les plus touchées, avec pour objectif de contraindre les milices à respecter les engagements pris dans le cadre des accords de paix. « Nous sommes déterminés à imposer la paix par tous les moyens nécessaires. Les groupes armés qui refusent de se conformer aux engagements seront neutralisés », a-t-il déclaré.

Situé au nord-est de la RDC, Djugu est considéré comme l’un des foyers majeurs de l’insécurité en Ituri. Depuis 2017, la région est secouée par des affrontements intercommunautaires et l’activisme de groupes armés tels que la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO). Ces violences ont provoqué des déplacements massifs de populations, des pillages, des massacres et une crise humanitaire aiguë. Selon les données des Nations unies, plus de 1,6 million de personnes sont déplacées en Ituri, dont une majorité dans le territoire de Djugu. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins médicaux y demeure extrêmement limité.

Dans une tentative de rétablir la paix, les autorités provinciales, soutenues par le gouvernement central, ont signé plusieurs actes d’engagement avec des milices locales. Ces accords visent à favoriser le désarmement volontaire, la réintégration des combattants et le retour des populations déplacées. Cependant, la mise en œuvre de ces engagements reste entravée par la fragmentation des groupes armés et le non-respect des clauses par certaines factions. Cette situation compromet les efforts de stabilisation et ravive les inquiétudes des communautés locales.

Le 6 août dernier, une opération militaire d’envergure a été menée par les FARDC dans la localité de Likida, toujours dans le territoire de Djugu. Après plusieurs heures d’affrontements, l’armée a repris le contrôle de cette zone stratégique, consolidant sa présence après une précédente victoire à Iga-Barrière. Toutefois, cette avancée s’est accompagnée de lourdes pertes humaines et matérielles. Des dizaines de maisons ont été incendiées, et des infrastructures essentielles, dont un centre de santé récemment construit et une église catholique, ont été détruites.

Cette recrudescence de violence a provoqué un nouvel afflux de déplacés vers les localités voisines de Baimani, Panduru et Gai. Le chef de la chefferie de Mambisa a confirmé l’arrivée massive de familles fuyant les combats, évoquant une situation humanitaire alarmante.

Dans la nuit du 7 au 8 août, une attaque attribuée à la milice Convention pour la Révolution Populaire (CRP), dirigée par Thomas Lubanga, a coûté la vie à six personnes, dont quatre éléments loyalistes, à Nyamamba. Des femmes civiles ont également été tuées dans les villages voisins, et les déplacés des camps de pêche de Café et Mbogi restent dans l’incapacité de regagner leurs foyers.

Par ailleurs, dans le territoire voisin d’Irumu, les combattants ADF ont mené une attaque le 11 août à Boga, tuant trois civils et incendiant plusieurs habitations et véhicules. Cette attaque survient malgré la présence des forces conjointes FARDC-UPDF dans le cadre de l’opération Shujaa.

Ces événements récents illustrent la complexité du processus de paix en Ituri, où les efforts militaires et diplomatiques peinent à contenir une insécurité profondément enracinée.

Justin Mupanya, correspondant à Beni

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