Quand la frontière entre opposition et suspicion s’efface. Le parti Ensemble pour la République, jusque-là présenté comme l’un des piliers de l’opposition congolaise, se retrouve éclaboussé par les accusations explosives d’un rapport onusien liant Moïse Katumbi au M23-AFC. Convoqués au ministère de l’Intérieur, ses cadres ont rejeté ces soupçons mais sans fournir d’explications convaincantes. Une défense jugée fragile, qui alimente davantage les doutes sur la capacité de cette formation à clarifier sa position face à la guerre qui déchire l’Est du pays.
Le ministère de l’Intérieur a convoqué mardi 19 août à Kinshasa, les représentants du parti d’opposition Ensemble pour la République. Conduits par leur direction politique, ils ont été reçus par Jacquemain Shabani Lukoo, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières.
Cette audition intervient dans le sillage du rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo, daté du 3 juillet et transmis au Conseil de sécurité. Ce document évoque de possibles liens entre Moïse Katumbi, leader d’Ensemble pour la République, et le mouvement armé M23-AFC, actif dans l’Est du pays.
Face à l’autorité de tutelle, les cadres du parti ont catégoriquement rejeté ces accusations, affirmant n’avoir eu connaissance du rapport qu’après sa publication. Ils se sont dits « surpris par la gravité des allégations », et ont sollicité un délai afin d’obtenir des éclaircissements sur les éléments avancés par les experts onusiens.
Le rapport, rendu public à New York, cite explicitement l’ancien gouverneur du Katanga parmi les personnalités soupçonnées d’entretenir des contacts avec des forces négatives dans la région des Grands Lacs. Des allégations que ses partisans jugent infondées et contraires à l’engagement public de leur leader en faveur de l’intégrité territoriale et de la stabilité nationale.
À l’issue de l’entretien, le vice-Premier ministre Shabani a accordé un délai à Ensemble pour la République, le temps de préparer sa réponse officielle. Aucune déclaration supplémentaire n’a été faite par l’exécutif, qui se limite à rappeler son rôle de régulation et de suivi des partis politiques dans le pays.
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