Ce n’est pas un simple soubresaut du marché des changes. Depuis quelques semaines, le franc congolais, longtemps soumis à une volatilité chronique, affiche une vigueur inattendue face au dollar américain. À Kinshasa, le Comité de Conjoncture Économique, réuni mardi 23 septembre sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, a livré ses explications : il s’agit d’un mouvement maîtrisé, fruit d’une stratégie coordonnée entre la Banque centrale du Congo et le Gouvernement. Ajustements monétaires, discipline budgétaire, mais aussi volonté politique de restaurer la confiance des opérateurs : autant d’outils qui convergent pour donner un nouveau souffle à la monnaie nationale. Au-delà du symbole, ce redressement s’accompagne d’engagements clairs : sécuriser les dépôts bancaires, soutenir le financement de l’économie réelle et contenir une masse salariale jugée trop lourde.
La scène se passe à l’hôtel du Gouvernement. Autour de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, se sont retrouvés les ministres clés de l’Économie, des Finances, du Budget et du Portefeuille, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC). Le Comité de Conjoncture Économique (CCE) a consacré sa réunion hebdomadaire à trois thèmes jugés décisifs : la stabilisation du franc congolais, la sécurisation des dépôts bancaires et la maîtrise de la masse salariale.
Une monnaie nationale en reprise
Le vice-premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a livré un constat que peu de Cambistes attendaient : le franc congolais s’est raffermi face au dollar ces derniers jours. Selon lui, cette évolution n’a rien de fortuit. Elle est le produit d’une coordination renforcée entre la politique monétaire et la politique budgétaire. « La Banque centrale a ajusté le niveau des réserves obligatoires tandis que le Gouvernement a poursuivi un resserrement budgétaire, notamment par une gestion rigoureuse des échéances fiscales », a-t-il expliqué. Objectif : offrir un cadre monétaire compatible avec l’activité économique et préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Rassurer les opérateurs économiques
Mais l’équilibre monétaire ne peut suffire si la confiance dans le système bancaire est fragilisée. Daniel Mukoko a mis en garde contre les saisies de comptes opérées par certaines institutions de l’État ou de la justice. « Ce phénomène crée une éviction financière : les fonds qui devraient être déposés dans les banques sont mis à l’écart », a-t-il déploré. Pour y remédier, le Gouvernement prépare des mesures de protection afin de sécuriser les dépôts et encourager l’investissement productif.
Discipline budgétaire et investissements
Le troisième axe de réflexion touche à la soutenabilité budgétaire. Alors que l’inflation annuelle devrait tomber à 7,8 %, son plus bas niveau depuis quatre ans, l’exécutif s’inquiète du poids grandissant de la masse salariale. « Si elle continue de croître sans contrôle, l’essentiel des recettes publiques sera absorbé par les salaires, au détriment des infrastructures », a prévenu le ministre de l’Économie. Le Gouvernement annonce des « actions courageuses » pour équilibrer dépenses courantes et investissements structurants.
En plaçant la monnaie nationale, la confiance bancaire et la discipline budgétaire au cœur de son action, le Gouvernement Suminwa entend tracer une trajectoire de stabilité macroéconomique. Les prochains jours devraient être marqués par l’annonce de mesures concrètes pour consolider cette dynamique.
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