C’est un rappel ferme à l’ordre budgétaire. Face aux tensions persistantes sur les prix et à la volatilité du franc congolais, la Première ministre Judith Suminwa a exhorté, vendredi 25 octobre, les membres de son gouvernement à respecter scrupuleusement la chaîne de la dépense publique. Dans un contexte marqué par la recherche d’une stabilité macroéconomique durable, la cheffe du gouvernement entend mettre fin aux engagements non planifiés et aux dépenses parallèles qui fragilisent la trésorerie nationale. L’enjeu est double : préserver le pouvoir d’achat des Congolais et renforcer la crédibilité financière de la République démocratique du Congo auprès de ses partenaires internationaux.
Lors du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé un appel à la rigueur et à la discipline financière. Elle a exhorté les membres de son gouvernement à respecter strictement la chaîne de la dépense publique, condition indispensable pour maintenir la stabilité du franc congolais et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Cette directive, présentée comme un pilier de la gouvernance économique du pays, vise à prévenir les dérapages budgétaires et à renforcer la transparence dans l’exécution des dépenses de l’État. « Tout engagement non planifié ou toute dépense hors circuit affaiblit la trésorerie et compromet les réformes de gouvernance financière entreprises », a souligné le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, dans son compte rendu.
Le gouvernement congolais entend ainsi consolider les acquis obtenus depuis deux ans en matière de stabilité macroéconomique, grâce à une coordination accrue entre les politiques budgétaire et monétaire.
La Première ministre a rappelé que la Banque centrale du Congo (BCC) joue un rôle essentiel dans cette démarche, notamment pour ancrer les anticipations d’inflation et renforcer la crédibilité du franc congolais.
Pour Mme Suminwa, la discipline budgétaire n’est pas seulement un impératif technique : elle représente un acte de responsabilité politique vis-à-vis de la population. La maîtrise des dépenses publiques, a-t-elle insisté, doit permettre de dégager des marges de manœuvre pour financer les priorités sociales et soutenir la relance économique.
Le message est également adressé aux partenaires financiers internationaux – notamment le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale – dont la confiance demeure liée à la solidité des réformes engagées par Kinshasa.
En assurant la cohérence entre le budget national et les instruments de politique monétaire, le gouvernement cherche à préserver la crédibilité externe du pays et à consolider sa position dans les discussions économiques régionales et mondiales.
Cette rigueur, longtemps absente du fonctionnement administratif, marque une volonté politique de rupture avec les pratiques antérieures. En plaçant la bonne gestion et la stabilité du franc congolais au cœur de son action, Judith Suminwa trace une ligne claire : celle d’une gouvernance fondée sur la responsabilité et la transparence, au service du redressement économique du pays.
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