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8 décembre, 2025 - 23:14:57
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Santé des femmes : Judith Suminwa engage la RDC dans une stratégie nationale contre le cancer du sein

Sous les lustres du Pullman, à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a donné samedi le coup d’envoi d’une table ronde nationale décisive sur la lutte contre les cancers féminins, en présence de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Au-delà des discours, l’enjeu est vital : doter la RDC d’une stratégie intégrée de prévention, de dépistage et de prise en charge, face à une maladie qui frappe chaque jour des dizaines de femmes dans l’indifférence et le silence. Portée par une volonté politique affichée et une mobilisation gouvernementale inédite, cette rencontre s’inscrit dans la vision d’un État qui choisit de placer la santé de la femme au cœur du développement national. « La santé de la femme est un droit inaliénable, protégé par la Constitution et garanti par l’action publique », a martelé Judith Suminwa, donnant le ton d’une lutte désormais érigée en priorité nationale.

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a ouvert samedi, à l’hôtel Pullman, les travaux de la Table ronde nationale sur la lutte contre les cancers de la femme. L’événement, organisé par le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale sous la houlette du Dr Samuel Roger Kamba, a réuni médecins, chercheurs, institutions publiques et partenaires techniques autour d’un même mot d’ordre : « Ensemble contre le cancer du sein ».

Un fléau silencieux

En République démocratique du Congo, les chiffres donnent la mesure du défi. Selon les données officielles du Centre national de lutte contre le cancer (CNLC), plus de 7 000 nouveaux cas de cancer du sein et 8 000 cas de cancer du col de l’utérus sont enregistrés chaque année. Autrement dit, près de 15 000 femmes reçoivent un diagnostic souvent tardif, avec des chances de survie limitées.

« Cela revient à dire que deux femmes, chaque heure, apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer », a précisé le ministre de la Santé, soulignant la gravité de la situation.

Une vision gouvernementale structurante

Le Dr Roger Kamba a salué la tenue de cette première table ronde, qui marque, selon lui, un tournant dans la politique de santé publique du pays.

« La vision du gouvernement dirigé par Son Excellence Mme Judith Suminwa Tuluka est claire : faire de la santé de la femme un pilier central de notre développement national », a-t-il affirmé.

Cette orientation s’inscrit dans la continuité des engagements du président Félix Tshisekedi, qui a fait de la modernisation du secteur de la santé l’une des priorités de son mandat.

Une marraine symbolique

La Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, a été désignée « Marraine de Rose », en reconnaissance de son engagement pour la santé et les causes sociales. Déjà mobilisée dans la lutte contre la drépanocytose, elle devient désormais le visage de la lutte contre les cancers féminins.

« La Marraine de Rose incarne le leadership féminin dans ce combat. C’est une figure respectée, engagée et profondément humaine », a déclaré le ministre de la Santé.

« Un acte fondateur » selon Judith Suminwa

Dans son allocution, la Première ministre a appelé à transformer les discussions en actions concrètes.

« Derrière chaque statistique, il y a une femme, un foyer, un avenir suspendu. Cette table ronde doit être plus qu’un cadre d’échange : elle doit être un acte fondateur, un acte de lucidité et de volonté », a-t-elle insisté.

IMG 20251026 WA0004Judith Suminwa a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à défendre la santé des femmes comme un droit inaliénable, garanti par la Constitution et protégé par l’action publique.

« Notre ambition n’est pas seulement de sauver des vies, mais de bâtir un système de santé qui inspire confiance et suscite l’adhésion du peuple », a-t-elle ajouté.

Des avancées déjà palpables

Sous l’impulsion du gouvernement, les médicaments anticancéreux essentiels, les thérapies ciblées et les cures de radiothérapie sont désormais accessibles gratuitement à des milliers de femmes dans six provinces : Kinshasa, Haut-Katanga, Tshopo, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Kongo Central.

Près de 3 000 patientes en ont déjà bénéficié, tandis que 245 professionnels de santé ont été formés au diagnostic et au traitement des cancers.

Cap sur la prévention

Dès 2026, la RDC introduira la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), conformément à la stratégie mondiale 90-70-90 visant à éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030.

La table ronde doit aboutir à l’adoption de la Déclaration de Kinshasa sur la lutte contre les cancers de la femme, qui définira les priorités nationales, les mécanismes de financement et les engagements concrets du pays.

Une lutte, un symbole

En plaçant la femme au centre de la stratégie nationale de santé, le gouvernement congolais envoie un signal fort : la lutte contre le cancer n’est pas seulement un enjeu médical, mais un combat pour la dignité, la justice et l’égalité.

À travers cette initiative, la RDC trace la voie d’une réponse durable, où la prévention, la solidarité et l’investissement public deviennent les armes d’une reconquête de l’espérance.

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