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Belém : Félix Tshisekedi met l’écocide et la justice climatique au cœur de la COP30

Au cœur de l’Amazonie, à Belém, la République démocratique du Congo se place sur le devant de la scène climatique mondiale. Le président Félix Tshisekedi y a dressé un constat alarmant : les forêts primaires et les tourbières de son pays, essentielles pour la régulation climatique globale, sont menacées par des destructions qui relèvent d’un véritable écocide. Face à l’urgence, il appelle à une action immédiate, en réclamant le décaissement des 300 milliards de dollars annuels promis pour le financement climatique et en soulignant l’importance d’un équilibre entre atténuation et adaptation. Par son discours, la RDC affirme sa position de pays-solution : avec son initiative « Couloir Vert Kivu–Kinshasa », sa protection de plus de 30 % de son territoire et son potentiel hydroélectrique exceptionnel, elle se propose d’allier conservation, développement inclusif et justice climatique pour léguer aux générations futures une planète vivable.

À l’ouverture de la COP30, le président Félix Tshisekedi a placé la République démocratique du Congo au centre du débat mondial sur le changement climatique. Dans un discours salué pour sa clarté et son ambition, il a rappelé que « l’avenir de l’humanité dépend en grande partie des forêts » et que la crise climatique est à la fois environnementale et sociale. « Ceux qui ont le moins contribué au dérèglement climatique paient aujourd’hui le prix le plus lourd », a-t-il souligné, dénonçant les impacts sur les populations congolaises frappées par inondations, sécheresses extrêmes et insécurité alimentaire.

Un pays-solution grâce aux forêts et aux énergies propres

Félix Tshisekedi a présenté le « Couloir Vert Kivu–Kinshasa », initiative de conservation couvrant plus de 540 000 km², dont 100 000 km² de forêts primaires, qui associe les communautés locales à une gestion durable et à une économie circulaire fondée sur la forêt. La RDC protège ainsi déjà plus de 30 % de son territoire et met en place des réformes pour un marché du carbone transparent et crédible.

Le président a également mis en avant le potentiel hydroélectrique du Grand Inga, plus de 44 000 mégawatts, et le développement de mini-réseaux solaires ruraux via le Fonds Mwinda, positionnant son pays comme un pôle énergétique propre pour l’Afrique.

Action immédiate et financements climatiques : un impératif

Face à l’urgence, il a appelé à « l’application effective des engagements pris à Bakou », notamment le décaissement des 300 milliards de dollars annuels pour le climat. Il a insisté sur la nécessité de rééquilibrer le financement entre atténuation et adaptation et de mettre en œuvre durablement le mécanisme « pertes et dommages ».

Pour le président congolais, Belém doit marquer un nouveau départ : « Nous devons agir maintenant dans un cadre multilatéral fondé sur le respect des engagements, la justice climatique et l’équité », a-t-il conclu, plaçant la RDC comme acteur clé de la régulation climatique mondiale tout en défendant ses forêts, ses populations et ses initiatives vertes.

Infos27

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, A LA CONFERENCE DES PARTIES A LA CONVENTION-CADRE DES NATIONS UNIES SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (COP30)

Belém, le 06 novembre 2025

Excellence Monsieur Luiz Inácio Lula da Silva, Président de la République Fédérative du Brésil ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement ;

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ;

Monsieur le Secrétaire Exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ;

Monsieur le Président désigné de la COP 30 ;

Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Distingués délégués ;

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais avant toute chose exprimer, au nom du peuple congolais, ma gratitude au Président Luiz Inácio Lula da Silva et au peuple brésilien pour leur hospitalité, et saluer le choix symbolique du Brésil d’accueillir cette 30ᵉ Conférence des Parties ici, à Belém, au cœur de l’Amazonie.

En effet, Belém est un message. L’avenir de l’humanité dépend en grande partie des forêts.

Force est de constater que ces forêts vitales sont aujourd’hui en péril. Dix après l’adoption de l’Accord de Paris, l’heure est à l’action. Il nous faut agir vite et honorer les engagements souscrits.

Mesdames et Messieurs,

Les scientifiques sont unanimes : si nous échouons à limiter la hausse de la température globale à 1,5 °C, les dommages deviendront irréversibles pour des vies humaines, pour les écosystèmes et pour nos économies respectives.

La crise climatique n’est pas seulement une crise environnementale. C’est également une crise de justice et d’équité.

Ceux qui ont le moins contribué au dérèglement climatique paient aujourd’hui le prix le plus lourd. Nos populations sont frappées par les inondations, les sécheresses extrêmes, les érosions et l’insécurité alimentaire. Pendant ce temps, les financements demeurent insuffisants, fragmentés et, trop souvent, mal ciblés.

J’en appelle à un rééquilibrage entre financement de l’atténuation et celui de l’adaptation. Les pays qui subissent déjà les chocs ont droit à la protection aujourd’hui, pas seulement à des promesses d’atténuation demain.

Il en est de même de la mise en œuvre effective du mécanisme « pertes et dommages » et sur son financement pérenne.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais rappeler que la République Démocratique du Congo est un pays-solution en raison des ressources naturelles immenses dont elle regorge notamment ses forêts tropicales primaires, ses tourbières riches en carbone, en biodiversité et en eau douce. Fort de ces atouts, mon pays se trouve au cœur de la régulation climatique de la planète.

Ces dernières années, nous nous sommes employés (i) à protéger les forêts, les droits des communautés locales et des peuples autochtones ; (ii) à investir pour le développement et le bien-être de nos populations.

A cet égard, j’ai lancé une initiative structurante et ambitieuse dénommée : le « Couloir Vert Kivu–Kinshasa ». Il s’agit en effet d’une approche territoriale intégrée de conservation des paysages, couvrant plus de 540 000 km², dont plus de 100 000 km² de forêts primaires. Cette démarche associe les communautés à la gestion durable, renforce les droits des populations locales, et organise une économie circulaire fondée sur la forêt, et non contre la forêt. La République Démocratique du Congo est ainsi l’un des rares pays au monde à avoir déjà consacré plus de 30 % de son territoire à la conservation.

Sur le plan institutionnel, nous avons engagé des réformes majeures pour assurer la transparence et la crédibilité du marché de carbone, notamment avec la création d’une Autorité de Régulation.

Dans la même perspective, je voudrais saluer l’initiative brésilienne « Tropical Forests Forever Facility ». Mon pays est disposé à coopérer avec le Brésil et d’autres partenaires impliqués pour la réussite de celle-ci.

Mesdames et Messieurs,

La République Démocratique du Congo porte légitimement l’ambition d’être un pôle énergétique propre pour l’Afrique. Nous disposons d’un potentiel hydroélectrique exceptionnel, avec plus de 44 000 mégawatts sur le seul site du Grand Inga. Ce potentiel est destiné non seulement à alimenter notre économie nationale, mais aussi à contribuer à l’électrification verte du continent africain.

L’Agence Nationale de l’Électrification et des Services Énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER en sigle) est engagée à implémenter des mini-réseaux solaires ruraux. A travers le Fonds Mwinda, mon pays est engagé à augmenter le taux d’accès à l’électricité aux ménages dans une approche inclusive.

Mesdames et Messieurs,

L’agression que subit mon pays est aussi une guerre écologique en ce qu’elle détruit nos forêts, nos aires protégées, nos parcs.

Mon pays comprend donc la pleine portée de l’initiative du Vanuatu, de Fidji et de Samoa visant à reconnaître l’écocide comme un crime international autonome. Détruire délibérément une forêt primaire, une tourbière millénaire ou une aire protégée essentielle au stockage du carbone revient à compromettre l’avenir de l’humanité.

Excellence Monsieur Luiz Inácio Lula da Silva, Président de la République Fédérative du Brésil ;

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de gouvernement ;

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ;

Monsieur le Secrétaire Exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ;

Monsieur le Président désigné de la COP30 ;

Mesdames et Messieurs les Ministres ;

Distingués délégués ;

Mesdames et Messieurs,

Comme je l’ai mentionné à l’entame de mon propos, nous devons agir. Je recommande l’application effective des engagements pris à Bakou en l’occurrence le décaissement des 300 milliards de dollars par an.

Je formule vivement le vœu que la COP30 ici à Belém marque un nouveau départ dans notre volonté commune de léguer aux générations futures une planète où il fera beau vivre. Pour ce faire, il nous faut agir maintenant dans un cadre multilatéral fondé sur le respect des engagements, la justice climatique et l’équité.

Je vous remercie.

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