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10 avril, 2026 - 22:41:31
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Assemblée nationale : Julien Paluku rassure et détaille sa stratégie sur le cacao

À l’Assemblée nationale, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a répondu aux inquiétudes sur la chute des prix du cacao en livrant un diagnostic structuré et une stratégie offensive. Entre facteurs internationaux et faiblesses internes, le gouvernement assume une approche fondée sur la qualité, la transformation locale et la conquête de nouveaux marchés. Au-delà de la conjoncture, une question s’impose : comment repositionner durablement le cacao congolais sur la chaîne de valeur mondiale ? Une réponse qui engage plusieurs secteurs de l’action publique.

La séance de contrôle parlementaire du mercredi 8 avril à l’Assemblée nationale a mis en lumière plusieurs enjeux majeurs, parmi lesquels la situation préoccupante du cacao en République démocratique du Congo. Interpellé par le député Élie Kambale Musavuli Vaghumawa, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une réponse structurée, mêlant diagnostic précis et stratégie gouvernementale.

Dès l’entame de son intervention, le ministre a replacé cet échange dans une logique institutionnelle. « Cette démarche revêt un triple impératif républicain : l’exigence de redevabilité envers le peuple, le devoir de clarté face aux enjeux économiques et la transparence démocratique de l’action gouvernementale », a-t-il affirmé.

Au cœur des préoccupations : la chute significative des prix du cacao. Alors que les cours mondiaux avaient atteint près de 11 000 dollars la tonne en 2024, ils se situent aujourd’hui autour de 3 000 dollars. Une évolution qui impacte directement les revenus des producteurs congolais.

Pour expliquer cette tendance, Julien Paluku a distingué les facteurs internationaux des réalités internes. Sur le plan global, il a évoqué « une offre excédentaire sur la campagne 2025-2026 », la recomposition de la demande européenne, ainsi que « l’absence de coordination du duopole ouest-africain », en référence à la Côte d’Ivoire et au Ghana.

Mais l’essentiel de son analyse s’est concentré sur les faiblesses structurelles nationales. « La fragmentation de l’offre », a-t-il souligné, laisse les producteurs isolés face aux acheteurs. À cela s’ajoute « un déficit de qualité », lié à un traitement post-récolte insuffisant, ainsi qu’un « calvaire logistique » qui contraint les producteurs à vendre rapidement leurs récoltes, souvent à des prix défavorables.

Face à ce constat, le ministre a posé une question centrale : comment protéger et valoriser durablement « l’or brun congolais » ?

La réponse gouvernementale s’articule autour de plusieurs piliers. Le premier concerne la diversification des marchés, avec une ouverture vers de nouveaux débouchés, notamment en Chine, au Royaume-Uni, aux Émirats arabes unis et aux États-Unis. « Nous misons sur la force du marché », a-t-il insisté.

Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la qualité. « Sans certification, l’accès direct aux grands chocolatiers est impossible », a rappelé Julien Paluku, soulignant la nécessité de former les producteurs aux normes sanitaires et phytosanitaires internationales.

Le troisième pilier vise la transformation locale et la montée en gamme. Le ministre a mis en avant le potentiel du cacao aromatisé, dont les prix peuvent atteindre jusqu’à 10 000 dollars la tonne, bien au-delà du cacao ordinaire.

À cela s’ajoutent des actions en matière de diplomatie économique, notamment l’intégration renforcée de la RDC à l’Organisation internationale du cacao, ainsi que des partenariats stratégiques pour accroître la production.

Julien Paluku a également insisté sur la nécessité d’une approche transversale. « La bataille du cacao appelle une action gouvernementale intégrée », a-t-il déclaré, évoquant une synergie entre plusieurs secteurs : agriculture, infrastructures, sécurité, industrie, énergie et commerce extérieur.

Au-delà du cacao, la plénière a également permis au ministre d’État en charge de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, de présenter ses axes stratégiques, tandis que le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a apporté des précisions sur le projet Sécuriport.

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