C’est une bataille discrète, mais essentielle pour la crédibilité économique et financière de la République démocratique du Congo. Jeudi, au Centre financier de Kinshasa, le ministère des Finances a réuni des journalistes et professionnels de la communication autour d’une formation consacrée aux réformes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération. En ligne de mire : la vulgarisation de la loi n°22/062 du 27 décembre 2022, modifiée par celle du 1ᵉʳ juillet 2025, qui ancre la RDC dans une nouvelle ère de conformité aux standards du Groupe d’action financière (GAFI). Dans un contexte où le pays s’efforce de sortir de la « liste grise », le gouvernement mise sur la transparence, la pédagogie et la mobilisation médiatique pour consolider la confiance internationale et moraliser la vie économique.
Le ministère des Finances, au Centre financier de la capitale, a servi de cadre à une formation dense et stratégique dédiée aux médias, sur le thème de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Cette initiative s’inscrit dans la perspective de la vulgarisation de la nouvelle loi n°22/062 du 27 décembre 2022, récemment modifiée pour renforcer les outils de prévention et de sanction.
Face à un public attentif, David Fidami, expert et consultant senior au cabinet IUS, a rappelé les enjeux d’une lutte globale : « Le blanchiment de capitaux fait peser une grave menace sur l’économie légale et affecte l’intégrité des institutions financières. Si rien n’est fait pour le combattre, il corrompra la société dans son ensemble », a-t-il averti. Pour lui, la traçabilité et la transparence financière doivent devenir des réflexes collectifs.
À ses côtés, Me Maurice Lipemba, expert du ministère des Finances et membre de la Task Force nationale chargée de sortir la RDC de la liste grise du GAFI, a insisté sur les progrès réalisés. « La RDC est aujourd’hui une juridiction sous surveillance renforcée, mais elle avance à grands pas vers la conformité. Les efforts du CONASAFIC, sous la coordination du ministre des Finances, traduisent la volonté politique d’assainir le système financier national », a-t-il expliqué, citant les résultats déjà obtenus dans la mise en œuvre des recommandations du GAFI.
Des médias formés pour accompagner la réforme et la transparence
Pendant plus de cinq heures d’échanges, les professionnels des médias ont été initiés aux mécanismes du blanchiment : le placement, l’empilage et l’intégration des fonds illicites. L’objectif, selon les organisateurs, est de permettre à la presse de mieux comprendre et relayer les efforts du gouvernement en matière de gouvernance financière, de prévention et de sensibilisation.
La formation a également permis d’évoquer la méthode Hawala, système informel de transfert de fonds souvent utilisé à des fins illicites, et le rôle du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), créé par la CEMAC pour adapter les normes du GAFI au contexte régional.
Au-delà de la technique, l’initiative traduit une volonté politique ferme : celle de rompre avec l’opacité et les circuits parallèles qui fragilisent l’économie congolaise. En s’appuyant sur la loi révisée et sur la montée en compétence des acteurs médiatiques, Kinshasa entend inscrire durablement la RDC dans le cercle des États respectueux des standards internationaux de transparence financière, une étape déterminante vers la crédibilité économique et la confiance des partenaires.
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