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Kinshasa
13 mai, 2026 - 19:14:05
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Doha en médiateur : après Kigali, l’Émir du Qatar scelle six accords décisifs avec Tshisekedi à Kinshasa

Le ballet diplomatique engagé par Doha en Afrique centrale a connu, vendredi, son moment le plus symbolique : l’Émir du Qatar, Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, est arrivé à Kinshasa au lendemain d’une visite remarquée à Kigali. Une séquence que des observateurs interprètent comme la volonté qatarie de « sceller le dernier pacte » entre les protagonistes du conflit dans l’Est de la RDC, quelques jours après la signature à Doha de l’accord-cadre entre Kinshasa et l’AFC/M23. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, l’Émir a présidé la signature de six accords bilatéraux couvrant ports, justice, mobilité diplomatique, aide humanitaire et coopération politique. Le Qatar est désormais un partenaire engagé pour la paix et le développement . Une diplomatie accélérée, qui place Doha au cœur du dispositif de désescalade dans la région des Grands Lacs.

L’Émir du Qatar, Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, a entamé vendredi 21 novembre sa première visite officielle en République démocratique du Congo, où il a été accueilli par le président Félix Tshisekedi pour un entretien à la Cité de l’Union africaine. La veille, il se trouvait à Kigali, étape jugée « hautement symbolique » alors que Doha tente d’aplanir les dernières divergences entre les deux capitales dans le conflit de l’Est.

Pour plusieurs observateurs, cette double séquence reflète la volonté du Qatar « d’arriver à un pacte final » entre les protagonistes, après des mois de médiation menée dans le cadre du Processus de Doha.

Le 15 novembre, les délégués du gouvernement congolais et ceux de l’AFC/M23 avaient signé dans la capitale qatarie un accord-cadre, première étape structurante vers un cessez-le-feu durable et une négociation globale.

Une diplomatie en accéléré entre Doha, Kigali et Kinshasa

Cet accord-cadre, non contraignant juridiquement mais politiquement structurant, fixe une méthodologie, un calendrier et identifie huit protocoles à négocier, allant du cessez-le-feu permanent à l’accès humanitaire, en passant par la justice transitionnelle, le DDR, la restauration de l’autorité de l’État et la relance économique. Il s’inscrit dans la continuité de la Déclaration de principes signée le 19 juillet à Doha.

L’initiative qatarie bénéficie d’un soutien diplomatique large : Paris, l’Union européenne, l’Union africaine et Washington ont salué « une avancée importante », tout en rappelant qu’il s’agit d’un « point de départ » et non d’un règlement définitif.

Les cinq piliers de la feuille de route restent inchangés : arrêt des hostilités, respect de la Constitution congolaise et de l’intégrité territoriale, retour de l’autorité de l’État, négociations techniques sur la transition sécuritaire et économique, traitement des causes profondes du conflit. Les parties sont tenues à un calendrier serré, plusieurs protocoles devant être négociés dans les deux semaines suivant la signature.

Six accords bilatéraux pour ancrer un partenariat durable

Au-delà du dossier sécuritaire, la visite de l’Émir à Kinshasa a permis d’élargir la coopération bilatérale entre les deux pays. En présence des deux chefs d’État, six accords ont été signés par leurs ministres sectoriels.

Le premier concerne un partenariat portuaire entre Mwani Qatar et l’ONATRA, destiné à moderniser les infrastructures et fluidifier les chaînes logistiques congolaises. Un second accord porte sur la coopération judiciaire. Un troisième instaure l’exemption de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et spéciaux.

Un mémorandum engage par ailleurs le Fonds du Qatar pour le développement dans le financement d’une réponse multisectorielle au Sud-Kivu. Un autre protocole vise les secteurs de la jeunesse et du sport. Enfin, un accord institue des consultations politiques régulières entre les ministères des affaires étrangères des deux États. Une coopération pragmatique tournée vers les besoins des populations.

Un tournant diplomatique dans les Grands Lacs

La visite de Sheikh Tamim Ben Hamad Al Thani intervient alors que la RDC cherche à diversifier ses alliances et à renforcer les mécanismes diplomatiques susceptibles d’isoler le M23 et d’amener Kigali à soutenir une désescalade.

En reliant Kigali puis Kinshasa en moins de 24 heures, l’Émir du Qatar a envoyé un signal clair : Doha entend jouer le rôle de médiateur pleinement engagé, disposé à rapprocher les positions et à peser sur le processus de paix. L’enjeu stratégique de cette visite : associer la recherche de la paix à un partenariat durable entre la RDC et le Qatar, au moment où la région des Grands Lacs cherche enfin une voie vers l’apaisement.

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