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Kinshasa
9 décembre, 2025 - 00:42:22
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Industrie ferroviaire : la RDC lance un AMI international pour créer sa première usine nationale de rails

La République démocratique du Congo a décidé de franchir un seuil stratégique dans la modernisation de ses infrastructures en lançant un appel international à manifestation d’intérêt pour la création d’une usine nationale de fabrication de rails. L’initiative, portée par le ministre des Transports Jean-Pierre Bemba, marque une rupture dans la dépendance historique du pays vis-à-vis des importations et s’inscrit dans une vision plus large : doter la RDC d’une véritable industrie ferroviaire intégrée, capable non seulement de produire ses propres rails mais aussi d’assembler locomotives et wagons. Dans un contexte où les corridors logistiques deviennent des enjeux de souveraineté économique, Kinshasa veut attirer des partenaires industriels à la hauteur de ses ambitions, tout en plaçant la formation locale, la valorisation des matières premières nationales et le transfert de technologie au cœur du projet. Le choix des sites, de Kisangani à Kinshasa en passant par Banalia, témoigne d’une volonté de rééquilibrer le développement et de bâtir, enfin, une chaîne de valeur ferroviaire ancrée sur le territoire.

Le vice-Premier ministre en charge des Transports, des Voies de communication et du Désenclavement a officiellement lancé un appel à manifestation d’intérêt international pour la création d’une usine nationale de fabrication de rails ferroviaires.

Cette initiative complète le programme industriel dévoilé en octobre 2025, qui prévoit le montage et l’assemblage de trains à Matadi et Kalemie : une ambition visant à produire plusieurs dizaines de locomotives et de wagons par an, tout en formant une nouvelle génération d’ingénieurs et de techniciens congolais.

Le projet se structure autour de trois pôles industriels 

À Kisangani, l’unité principale doit accueillir les laminoirs à chaud destinés à la production des rails UIC54 et UIC60, standards majeurs des réseaux internationaux.

À Kinshasa, les opérations d’usinage, de contrôle qualité et de logistique accompagneront les flux d’exportation et les besoins des corridors de l’Ouest.

À Banalia, dans la Tshopo, l’État veut implanter les activités d’extraction et de transformation du minerai de fer, du calcaire et du charbon métallurgique.

L’ensemble reposera sur une architecture industrielle complète : fours électriques à arc, laboratoires métallurgiques, bancs d’essai, centrale hybride hydro-solaire, ateliers spécialisés et centre de formation technique.

Une ambition politique : construire une industrie nationale moderne

Avec ce nouvel AMI, le gouvernement affiche une volonté ferme : attirer des partenaires industriels capables de s’inscrire dans un modèle de co-production et de transfert de technologie.

Les candidats doivent déposer leurs dossiers avant le 9 mars 2026, comprenant lettre d’intérêt, documents juridiques, références techniques, états financiers, composition du consortium et note conceptuelle détaillant l’approche technique, le modèle PPP et le calendrier de mise en œuvre.

Ce cahier des charges rigoureux illustre une stratégie assumée : moderniser l’économie congolaise en développant des chaînes de valeur locales et en réduisant la dépendance aux importations, dans un secteur aussi stratégique que le rail : colonne vertébrale du désenclavement du territoire.

Infos27

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