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Kinshasa
8 décembre, 2025 - 04:07:16
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Gouvernance provinciale : le Haut-Uele prend le contre-pied de Kinshasa et cible son exécutif

Le Haut-Uele s’est singularisé mercredi en prenant de court Kinshasa : quelques jours après l’appel national à suspendre toutes les motions de défiance et pétitions visant les exécutifs provinciaux, quatre députés ont déposé une motion contre le gouverneur Jean Bakomito. Une initiative qui secoue une province jusqu’ici considérée comme stable et remet en question la capacité des autorités locales à suivre la ligne d’apaisement prônée par le gouvernement central. Les signataires reprochent au gouverneur un clientélisme assumé, une gestion verrouillée et une rupture progressive avec la vision de gouvernance portée par le président Félix Tshisekedi. 

Une motion de défiance visant le gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito, a été officiellement déposée mercredi 26 novembre au bureau de l’Assemblée provinciale. Le document, transmis au président de l’institution, formule plusieurs griefs à l’encontre du gouverneur, décrit comme un dirigeant « clientéliste, verrouillé et déconnecté des attentes de la population ».

Les députés motionnaires dénoncent notamment un favoritisme au profit d’un cercle restreint, une incompétence manifeste dans la conduite des affaires publiques et un éloignement de la vision du président Félix Tshisekedi, centrée sur la gouvernance, la discipline administrative et le développement local.

L’un des reproches récurrents concerne l’absence prolongée du gouverneur à Isiro, chef-lieu de la province, synonyme, pour les élus, d’un abandon des responsabilités. Conformément à la loi, Jean Bakomito doit se présenter devant l’Assemblée provinciale dans les 48 heures.

Kinshasa avait appelé à la suspension des motions

Cette initiative intervient dans un contexte politique chargé : début novembre, le gouvernement central avait réuni à Kinshasa tous les présidents des Assemblées provinciales et les gouverneurs afin d’éviter une escalade institutionnelle. À l’issue de cette rencontre, une consigne nationale claire avait été donnée : suspendre motions de défiance et pétitions contre les exécutifs provinciaux pour stabiliser les institutions.

Dans le Haut-Uele, les motionnaires affirment toutefois que leur démarche « remplit les conditions de recevabilité prévues par les textes en vigueur », sous-entendant qu’ils entendent exercer pleinement leur pouvoir constitutionnel de contrôle.

Une province qui reflète une tendance nationale

Au moins neuf provinces font actuellement face à des tensions institutionnelles similaires, entre motions contre les gouverneurs et pétitions visant les Assemblées provinciales. Cette accélération cristallise un enjeu politique majeur : comment concilier l’autorité du pouvoir central, soucieux de stabilité, et l’indépendance des législatures provinciales, garantes du contrôle démocratique ?

Le cas du Haut-Uele, emblématique de ce tiraillement, pourrait bien devenir un test politique : celui de la capacité du pays à éviter les dérives tout en permettant aux institutions de jouer leur rôle sans paralysie ni surenchère.

Infos27

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