La RDC veut rompre avec des années d’intentions proclamées mais rarement suivies d’effets. En clôturant l’atelier d’évaluation des recommandations formulées par les Congolais établis à l’étranger, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a fixé un nouveau cadre pour une politique nationale de la diaspora longtemps dispersée, souvent sollicitée mais peu intégrée aux décisions publiques. Elle a rappelé la volonté du président Félix Tshisekedi de replacer les communautés de l’étranger au cœur du projet national, dans un contexte marqué par la guerre imposée à l’Est du pays. Face à un taux de mise en œuvre des engagements limité à 10 %, le ministre délégué auprès des Affaires étrangères, Crispin Mbadu, appelle désormais à une « exécution méthodique », tandis que le gouvernement assure vouloir transformer la diaspora en partenaire stratégique, économique et diplomatique. Un changement de méthode s’esquisse, mêlant fermeté politique et volonté de bâtir un lien renouvelé entre l’État et ses ressortissants expatriés.
Kinshasa entend donner un nouvel élan à sa relation avec les millions de Congolais établis à l’étranger. En clôturant l’atelier consacré à l’examen de la mise en œuvre des recommandations issues des différents forums de la diaspora, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a tracé les contours d’une politique plus structurée et plus exigeante.
Devant les ministres concernés et les représentants des communautés expatriées, Mme Suminwa a rappelé l’importance stratégique que le président Félix-Antoine Tshisekedi accorde à la diaspora. La nomination récente d’un ministre délégué chargé spécifiquement de ce secteur est, selon elle, « la preuve de la volonté ferme du Chef de l’État d’accélérer la concrétisation des engagements pris et de renforcer un dialogue permanent, structuré et efficace ».
La cheffe du gouvernement a décrit une diaspora « force vive, levier économique majeur et réservoir de compétences », dont le rôle s’est accru avec le contexte sécuritaire actuel. Face à « l’agression imposée à notre pays par le Rwanda sous couvert du mouvement terroriste AFC/M23 », elle a souligné l’importance des communautés expatriées dans la mobilisation diplomatique et la communication stratégique.
Un taux de réalisation de 10 % : le diagnostic sans complaisance
La deuxième partie de l’atelier a été consacrée à l’évaluation technique menée par le ministre délégué en charge de la Francophonie et de la diaspora congolaise, Crispin Mbadu. S’appuyant sur une cartographie couvrant la période 2008–2021, il a indiqué que plus de cinquante recommandations avaient été émises par les Congolais de l’étranger.
Mais l’analyse détaillée s’est concentrée sur six priorités jugées structurantes. Résultat : un taux de mise en œuvre plafonnant à 10 %. Un chiffre « très faible », selon le ministre, qui évoque des « obstacles récurrents » désormais mieux identifiés.
« Le temps n’est plus aux déclarations d’intention, mais à l’exécution méthodique. La crédibilité de notre action collective en dépend », a martelé M. Mbadu, appelant à une discipline de suivi dans l’application de la nouvelle « boussole opérationnelle » établie pour les douze prochains mois.
Pour le gouvernement, cette phase marque le début d’un changement de paradigme. La diaspora est désormais définie comme « un partenaire de développement, un moteur d’innovation et un ambassadeur culturel à part entière », selon les mots de la Première ministre.
Mme Suminwa, confiante, estime que le travail engagé permettra d’« accélérer l’implication de la diaspora dans la transformation du pays » et d’inscrire la gouvernance nationale dans un cadre plus participatif.
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