Devant le Parlement réuni en Congrès, Félix Tshisekedi a choisi la transparence comme principe et la vérité comme méthode. En exposant sans fard la guerre d’agression à l’Est, ses avancées et ses zones d’ombre, le chef de l’État a assumé la responsabilité politique d’un pays en résistance. Il a décliné, avec précision, les quatre axes de sa stratégie pour mettre fin au conflit : retrait des forces étrangères, assèchement des financements de la rébellion, protection accrue des civils et ancrage d’une paix durable. Tout en saluant la ténacité des forces armées et en défendant la portée des accords de Washington et de Doha, il a rappelé que la bataille sociale reste indissociable de la bataille sécuritaire : du pouvoir d’achat à la santé, de l’énergie aux infrastructures. Affirmant que le Congo « n’est pas condamné », il a appelé à un sursaut d’unité et de discipline pour transformer une stabilité encore fragile en prospérité réelle.
Devant le Parlement réuni en Congrès, Félix Tshisekedi a livré, samedi 8 décembre, un discours sur l’état de la Nation marqué par la gravité du moment et la volonté assumée de rendre des comptes. Pendant plus de deux heures, le chef de l’État a articulé son propos autour d’un triptyque : vérité, redevabilité et espérance, en retraçant une année 2025 dominée par la guerre, la pression économique et une intense activité diplomatique.
Le président a d’abord dressé un tableau sans fard de la situation sécuritaire : la « guerre d’agression par procuration » menée par l’AFC/M23 avec l’appui de l’armée rwandaise, la chute de Goma et Bukavu, les exactions documentées contre les civils et le déplacement massif de populations. Il a salué la « résistance farouche » des FARDC, des services de sécurité et des Wazalendo, qui ont stabilisé plusieurs axes stratégiques malgré « des conditions humaines et logistiques extrêmement difficiles ».
Un hommage solennel a été rendu aux victimes, ponctué d’un moment de recueillement. « Leur souffrance ne nous est ni étrangère ni indifférente », a insisté le chef de l’État, réaffirmant que la souveraineté congolaise ne ferait l’objet d’aucun compromis.
Une ligne rouge : souveraineté non négociable, justice incontournable
Sur le front diplomatique, Félix Tshisekedi a revendiqué une « vérité désormais entendue » : l’agression rwandaise reconnue par la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Fort de ce tournant, il a défendu les deux processus engagés en 2025.
D’un côté, les Accords de Washington avec le Rwanda, adossés à un mécanisme de sécurité conjoint et conditionnés au retrait total des forces étrangères. De l’autre, l’Accord-cadre de Doha avec l’AFC/M23, portant sur le cantonnement, le désarmement et le retour de l’État dans les zones occupées.
Le président a tenu à dissiper tout soupçon de concessions : « Aucun partage de souveraineté, aucune amnistie déguisée », a-t-il martelé, rappelant que la justice poursuivrait les auteurs des crimes documentés.
Mais il a aussi dénoncé la « mauvaise foi persistante » du Rwanda, accusé de poursuivre les attaques via ses supplétifs, notamment au Sud-Kivu. La RDC, affirme-t-il, maintiendra la voie diplomatique mais « n’abdiquera jamais sa responsabilité de protéger ses citoyens ».
Économie : une résilience revendiquée, un cap maintenu
Sur le plan économique, Tshisekedi a décrit une situation « éprouvée mais solide ». Inflation ramenée à 2,5%, franc congolais apprécié de 29%, réserves de change portées à 7,4 milliards de dollars, croissance estimée à 5,6% : autant d’indicateurs présentés comme les preuves d’une

