À Bunyakiri, dans le territoire de Kalehe, le quotidien de dizaines de milliers de déplacés se joue désormais sous des bâches déchirées, dans des maisons surpeuplées ou à même le sol. Plus de 180 000 personnes, fuyant les affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23, s’y retrouvent aujourd’hui en situation d’extrême vulnérabilité. Dans un communiqué publié le 9 décembre 2025, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur l’ampleur d’une détresse humanitaire qui s’aggrave semaine après semaine.
Les familles, venues de localités situées à une trentaine de kilomètres de Bunyakiri, ont tout laissé derrière elles : terres, récoltes, bétails et s’entassent dans des conditions que l’organisation décrit comme « critiques ». Certaines sont accueillies par des ménages déjà fragiles, tandis que d’autres survivent dans des abris improvisés, exposés au froid, à la pluie et aux maladies.
Une crise sanitaire aiguë dans un contexte de guerre persistante
L’accès à l’eau potable, aux latrines, aux structures de soins et à la nourriture demeure extrêmement limité. « De nombreuses familles ont perdu leurs terres, qui constituaient leur principale source de subsistance. Elles vivent aujourd’hui dans une extrême précarité, ce qui favorise la propagation de maladies », explique Issa Moussa, chef de programmes de MSF au Sud-Kivu.
En onze semaines, les équipes médicales ont effectué plus de 13 300 consultations externes, assisté 1 861 accouchements dont 206 césariennes et réalisé 274 interventions chirurgicales. Elles ont également traité 578 enfants souffrant de malnutrition et pris en charge 98 victimes de violences sexuelles. Des chiffres qui illustrent l’ampleur des besoins face à un afflux continu de déplacés.
La crise de Bunyakiri n’est qu’une facette d’un tableau plus vaste. Dans l’Est de la RDC, les combats successifs ont provoqué des déplacements massifs dans le Sud-Kivu comme dans le Nord-Kivu, accentuant la pression sur des localités déjà marquées par des années d’instabilité. Pour MSF, la réponse humanitaire doit être renforcée de toute urgence pour éviter que cette détresse silencieuse ne se transforme en catastrophe annoncée.
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